Le bisphénol A dans les conserves serait dangereux

Campbell a annoncé cette semaine qu'il bannira le... (PHOTO J. DAVID AKE, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS)

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Campbell a annoncé cette semaine qu'il bannira le bisphénol A de ses soupes et autres conserves d'ici le milieu de 2017.

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La Presse Canadienne
OTTAWA

La majorité des boîtes de conserve vendues dans les supermarchés canadiens contiendraient un produit chimique controversé, le bisphénol A (BPA), selon une nouvelle étude menée au Canada et aux États-Unis par six organismes sans but lucratif.

Les chercheurs ont analysé 192 boîtes de conserve achetées chez des grands détaillants des deux pays; ils ont découvert que 67 % d'entre elles contenaient du BPA dans la résine époxy du revêtement intérieur ou du couvercle.

Au Canada, 18 des 21 boîtes de conserve contenaient du BPA - soit 86 % de l'échantillon étudié.

Des études précédentes, menées par la Fondation américaine du cancer du sein - un des commanditaires de la nouvelle étude -, avaient conclu que ce sont les matériaux d'emballage des aliments qui constituent la principale source de BPA retrouvé dans l'alimentation, puis dans l'organisme.

La nouvelle étude, publiée mercredi, conclut maintenant qu'« il est vraisemblable de croire que la population est exposée aux BPA des boîtes de conserve à des niveaux qui peuvent compromettre la santé humaine ».

Cancer, infertilité et diabète

Selon certains, le bisphénol A, même à très petites doses, est lié à un risque accru de cancer du sein ou de la prostate, à l'infertilité, au diabète de type 2, à l'obésité, à l'asthme et à des modifications du comportement, dont le trouble déficitaire de l'attention. Mais Santé Canada est moins catégorique.

« La Direction des aliments a conclu que l'exposition actuelle au BPA provenant des matériaux d'emballage des aliments ne pose pas de risque pour la santé de la population en général, y compris pour la santé des nouveau-nés et des nourrissons », lit-on sur le site du ministère fédéral.

L'Autorité européenne de sécurité des aliments soutient aussi que le BPA dans l'emballage des aliments représente un risque minime pour les consommateurs. En septembre dernier, un tribunal français a invalidé l'interdiction sur l'exportation de matériaux à base de BPA destinés à venir en contact avec les aliments - même si la vente en France de ces produits est toujours interdite.

Chose certaine : le BPA, qui peut imiter l'hormone oestrogène et qu'on ne retrouve pas dans la nature, est présent dans l'urine de la plupart des Nord-Américains, selon les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies. Cette agence américaine précise toutefois sur son site internet que la présence de BPA dans l'urine n'est pas nécessairement synonyme de risques pour la santé humaine.

Les craintes quant aux effets néfastes du BPA sur les bébés avaient quand même poussé le gouvernement canadien en 2008 à interdire les biberons contenant ce produit. Deux ans plus tard, le BPA a été ajouté à la liste des substances toxiques au Canada.

Certains producteurs d'aliments ne prennent pas de risques : Campbell a annoncé cette semaine qu'il bannira le bisphénol A de ses soupes et autres conserves d'ici le milieu de 2017 même s'il est toujours persuadé que ce produit est sécuritaire. Le géant Nestlé a déjà pris les mêmes engagements.

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