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Nomination controversée dans un CIUSSS

La nomination au conseil d'administration du CIUSSS d'une... (PHOTO DAVID BOILY, ARCHIVES LA PRESSE)

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La nomination au conseil d'administration du CIUSSS d'une propriétaire de trois garderies subventionnées, qui a déjà été liée au Parti libéral, est notamment dénoncée par le Parti québécois.

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La nomination au nouveau conseil d'administration du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) du nord de Montréal d'une propriétaire de garderie autrefois liée au Parti libéral est dénoncée par l'opposition.

Propriétaire de trois garderies subventionnées dans le nord de la métropole, Joséphine Primiani a été nommée au conseil d'administration du CIUSSS en raison de ses compétences en «gouvernance ou éthique».

En 2010, le Parti québécois avait évoqué le fait que Mme Primiani avait siégé à l'exécutif du Parti libéral de la circonscription de Lafontaine de l'ex-ministre de la Famille, Tony Tomassi, en 2006. Selon le registre du directeur général des élections, Mme Primiani a donné 2330 $ au Parti libéral de 2006 à 2014.

Pour la porte-parole du Parti québécois en matière de santé, Diane Lamarre, cette nomination est inacceptable. «Vraiment, si tu es nommée pour tes compétences en gouvernance et éthique, tu dois te positionner de façon à être hors d'attaque sur ces questions», plaide Mme Lamarre.

Une candidate compétente

Au cabinet du ministre de la Santé, Gaétan Barrette, on explique que chaque membre indépendant des conseils d'administration des établissements de santé a été choisi au terme d'un appel de candidatures. Un groupe d'experts indépendants issus de l'École nationale d'administration publique (ENAP) ou de l'Institut sur la gouvernance d'organisations privées et publiques (IGOPP) a ensuite analysé toutes les candidatures et transmis des recommandations au ministre.

Selon elle, Mme Primiani a «déposé toute la documentation requise». «Dans les documents soumis par Mme Primiani, aucune mention n'est faite d'un lien entre celle-ci et le Parti libéral du Québec», note Mme Beauvais, qui ajoute que Mme Primiani «n'a jamais été accusée ou reconnue coupable d'une infraction criminelle».

Mme Primiani affirme quant à elle ne plus être impliquée auprès du Parti libéral et être «dérangée de voir que certains évoquent ces liens». «J'ai des garderies depuis 1987. Je n'ai jamais eu de faveur. J'ai obtenu mes permis, car je fais l'inclusion des enfants handicapés dans mes garderies», dit-elle.

Problème d'indépendance

Sans se prononcer sur le cas de Mme Primiani, le professeur à l'Institut de santé publique de l'Université de Montréal Damien Contandriopoulos note qu'avec l'avènement de la loi 10 qui a modifié la configuration du réseau de la santé, les nominations des membres indépendants des conseils d'administration des établissements de santé découlent directement du bureau du ministre de la Santé.

Pour M. Contandriopoulos, le risque d'un tel système, «c'est que les nominations soient partisanes». «Pour finir, on risque d'avoir des C.A. composés de gens qui ont été choisis avant tout parce qu'on peut présumer qu'ils appliqueront les directives du ministère de la Santé à la lettre, sans pensée critique et sans risque de contestation», dit M. Contandriopoulos.

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