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Projet de loi sur les médicaments: une experte craint des pénuries dans les pharmacies

La professeure agrégée à l'Université de Sherbrooke, Mélanie Bourassa... (PHOTO PASCAL RATTHÉ, ARCHIVES LE SOLEIL)

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La professeure agrégée à l'Université de Sherbrooke, Mélanie Bourassa Forcier, estime que le projet de loi visant à faire baisser le prix des médicaments dans la province pourrait provoquer des pénuries dans les pharmacies et causer d'autres distorsions dans l'industrie.

PHOTO PASCAL RATTHÉ, ARCHIVES LE SOLEIL

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Un projet de loi piloté par Québec visant à faire baisser le prix des médicaments dans la province pourrait provoquer des pénuries dans les pharmacies et causer d'autres distorsions dans l'industrie.

C'est en tout cas ce qu'estime Mélanie Bourassa Forcier, professeure agrégée à l'Université de Sherbrooke et fellow au centre de recherche CIRANO, qui demande au gouvernement de suspendre le projet de loi 81 le temps de bien en évaluer les impacts.

« Il est primordial que le gouvernement vérifie les économies que ce projet peut générer et évalue les risques qui y sont associés avant de l'adopter, a dit Mme Bourassa Forcier à La Presse. La gestion des pénuries de médicaments, notamment, peut s'avérer coûteuse. »

Le projet de loi 81 veut donner le pouvoir au gouvernement du Québec de lancer des appels d'offres pour fournir les médicaments vendus dans les pharmacies. L'idée est de mettre les fabricants et les grossistes en concurrence afin de signer des contrats à meilleur prix. Il a été présenté par le ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette.

Pour l'instant, seuls les établissements de santé comme les hôpitaux procèdent à des appels d'offres pour les médicaments.

Le CIRANO publiera aujourd'hui un rapport qui documente ce processus.

«Une structure différente»

Des études ont montré que les appels d'offres ont permis de faire chuter le prix des médicaments concernés de 15 % en moyenne dans les établissements de santé. Mélanie Bourassa Forcier estime que le fait d'élargir les appels d'offres aux médicaments vendus en pharmacie générera des économies similaires.

La contrepartie, selon elle, c'est que le processus d'appels d'offres conduit souvent à des contrats impliquant un seul fabricant. Or si ce fabricant connaît des problèmes, comme des pépins dans l'approvisionnement en matières premières, le risque de pénurie de médicaments est exacerbé. Les ruptures de stock se sont multipliées dans l'industrie pharmaceutique au cours des dernières années, causant des maux de tête un peu partout dans le réseau.

« Il faut améliorer le modèle d'appels d'offres actuel avant de le répliquer », estime Mélanie Bourassa Forcier.

Mme Bourassa Forcier note que les hôpitaux ont mis au point des méthodes pour prévenir les pénuries et y réagir, mais elle estime que les pharmacies n'auront pas les moyens de faire de même.

« Une pharmacie, c'est très différent d'une structure hospitalière, où les pharmaciens sont en contact avec les médecins. À mon avis, les pénuries sont beaucoup plus difficiles à gérer en pharmacie », dit-elle.

Mme Bourassa Forcier note que le Québec est déjà engagé dans un processus de négociation de prix au sein de l'Alliance pancanadienne pharmaceutique et s'interroge sur l'impact du projet de loi 81 sur les ententes déjà négociées dans ce cadre.

Le projet de loi 81 soulève aussi des questions sur les honoraires des pharmaciens. En novembre dernier, son annonce avait également fait chuter l'action de Jean Coutu de plus de 8 %, les analystes estimant que la division des produits génériques de l'entreprise est mal positionnée pour rafler les appels d'offres de Québec.

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