Centre Mélaric: dans le rouge bien avant les compressions

La maison de désintoxication doit plus de 262 000 $... (PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE)

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La maison de désintoxication doit plus de 262 000 $ aux gouvernements fédéral et provincial, notamment en raison de la mauvaise gestion de son ancien directeur général, qui a été congédié.

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La réforme de l'aide sociale du gouvernement Couillard a mis le couteau sur la gorge au centre Mélaric, mais c'est loin d'être la seule raison qui a poussé la maison de désintoxication à fermer ses portes à la mi-janvier. L'organisme doit plus de 262 000  $ aux gouvernements fédéral et provincial, notamment en raison de la mauvaise gestion de son ancien directeur général, qui a été congédié.

Pour les années 2012, 2013 et 2014, le Centre Mélaric avait déjà déclaré des déficits atteignant en tout 647 000$, révèle un rapport réalisé par la firme Évolia pour le compte du centre Mélaric.

«Mélaric doit des sommes importantes aux gouvernements qui proviennent d'erreurs ou d'omissions [...] et aussi d'agissements non responsables d'un ancien directeur général congédié en 2013», indique le document intégral.

Cet ancien directeur général a plaidé coupable à des accusations de voie de fait ayant causé des lésions et de conduite avec les facultés affaiblies, pour des événements survenus en 2013. Il aurait omis de payer les déductions à la source sur le salaire des employés du centre en 2011 et 2012 et pour une partie de 2013.

La nouvelle administration du centre a porté plainte à l'Ordre des comptables professionnels agréés contre le comptable qui avait vérifié les livres pendant ces années. La cause sera entendue par le Conseil de discipline en juillet cet été.

Pour éviter la fermeture, la maison de désintoxication a notamment réduit le salaire de ses employés de 15% depuis mai 2015. Mais le manque à gagner qu'entraîne à elle seule la réforme de l'aide sociale du gouvernement Couillard est de l'ordre de 260 000 $, précise le document.

Prêt de 422 000 $ à 20 % d'intérêt

Les lourds déficits accumulés par le centre Mélaric sont en grande partie soutenus par un prêt de 422 000 $, à 20 % d'intérêt par année, accordé en août 2014 par la Fiducie du chantier de l'économie sociale, a découvert La Presse. Mélaric ne paie que les intérêts sur ce prêt.

Le centre Mélaric, qui accueillait 75 résidants, dont plusieurs détenus, a par ailleurs cumulé des retards de 38 000 $ sur les versements mensuels qu'il doit aux Caisses Desjardins, indique le rapport Évolia.

Dimanche dernier, la nouvelle directrice du centre Mélaric, Lise Bourgault, ancienne députée fédérale sous Brian Mulroney, a dénoncé sur le plateau de l'émission Tout le monde en parle les conséquences de la fermeture du centre. Elle a réclamé l'aide du public pour éponger, à l'aide d'une fondation nouvellement créée, une dette de 350 000 $ qui a été, selon elle, provoquée uniquement par les changements à l'aide sociale.

«Pas de bon sens», selon l'Institut sur la gouvernance

Le directeur général de l'Institut sur la gouvernance d'organisations privées et publiques (IGOPP), Michel Nadeau, se montre passablement sévère à l'endroit du centre Mélaric. «Moi, je ne donnerais pas d'argent à cet organisme», tranche-t-il. L'IGOPP s'intéresse particulièrement à la façon dont les conseils d'administration supervisent et contrôlent les organismes comme le centre Mélaric. «Ils ont un conseil d'administration composé de seulement quatre personnes, et la directrice générale occupe aussi le rôle de présidente du conseil d'administration.

«Ça n'a pas de bon sens. Normalement, on n'occupe pas les deux rôles, surtout quand il y a des antécédents d'irrégularités», dit-il.

Le ministère du Travail, de l'Emploi et de la Solidarité sociale se dit ouvert à soutenir le centre Mélaric, mais demande à l'organisme de faire une véritable reddition de comptes. «Nous n'avons jamais caché quoi que ce soit, nous n'avons jamais nié que nous avons eu des problèmes par le passé, affirme Lise Bourgault. Ces faits sont connus des gens du gouvernement et des gens qui nous aident.»

«Je ne veux pas qu'on me dise qu'on est mal gérés. Avant 2013, la gestion des comptes n'était pas aussi rigide. Mais on a pris les mesures nécessaires depuis mon arrivée», plaide-t-elle.

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