Autre brutale fermeture d'un centre de désintox

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La Maison Mélaric - l'un des plus grands centres du genre - est la troisième à fermer ses portes en six mois. Depuis 33 ans, des milliers d'hommes accros à l'alcool ou à la drogue ont été soignés dans ce manoir de Saint-André-d'Argenteuil, près de Lachute.

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Plus de 70 gaillards ont fondu en larmes ou crevé d'angoisse, hier matin, en apprenant qu'on les expulsait de leur centre de désintoxication au bord de la faillite.

La Maison Mélaric - l'un des plus grands centres du genre - est la troisième à fermer ses portes en six mois. Depuis 33 ans, des milliers d'hommes accros à l'alcool ou à la drogue ont été soignés dans ce manoir de Saint-André-d'Argenteuil, près de Lachute.

«À plus ou moins brève échéance, ce n'est que le début des fermetures brutales», prédit Nicolas Bédard, de l'Association provinciale des organismes en dépendance (APOD), qui réclame une rencontre interministérielle d'urgence.

Reconnus par Québec, mais non subventionnés, les 23 membres de l'APOD jurent qu'ils reçoivent trop peu pour continuer à nourrir, loger, transporter et soigner leurs clients.

Jusqu'au printemps, le ministère de la Solidarité sociale leur versait une indemnité quotidienne maximale de 49 $ pour couvrir le gîte et le couvert de ses prestataires. Ces derniers assumaient les autres coûts. Mais avec la réforme de mai dernier, ils en sont devenus incapables: leurs prestations mensuelles sont passées de 750 $ à 200 $ durant leur thérapie.

«Ce n'est pas normal de verser 37 $ par jour pour un adulte, quand on en verse 60 pour les enfants en garderie qui ne dorment pas sur place», renchérit la directrice de la Maison Mélaric, Lise Bourgault.

13 000
Nombre de Québécois hébergés chaque année en centres de désintox
80 %
Pourcentage des personnes hébergées qui sont aussi prestataires de l'aide sociale
59
Nombre de centres de désintox certifiés par le gouvernement (sur un total de 92) qui ne reçoivent aucune subvention

Retour à la rue

Sa maison, qui comptait parmi les rares centres s'étant vu offrir un dépannage temporaire par Québec, a néanmoins fermé. «On nous offrait 100 000 $, alors qu'on en a perdu 350 000 $. C'était un cataplasme sur une jambe de bois», justifie l'ancienne députée fédérale.

«Je m'en retourne à la rue!», a lancé hier aux caméras une personne expulsée en détresse. Les 72 personnes ont finalement été recueillies par des proches ou par d'autres centres, quitte à y être transportées en fourgons cellulaires, rapporte Mme Bourgault.

Après la fermeture du pavillon L'alternatif à Nicolet, puis de la maison ReNasi dans les Cantons-de-l'Est, 10% des places en centres non subventionnés ont disparu depuis six mois. «C'est ce que voulait le ministère de la Santé», accuse Mme Bourgault.

La ministre déléguée à la Santé, Lucie Charlebois, a déclaré à RDI être préoccupée par le sort des pensionnaires du centre, mais maintient que le gouvernement ne peut pas verser 350 000 $ à Mélaric. «Dans la situation où se trouve le Québec en ce moment, on ne peut pas tripler les montants.»

Aux yeux du gouvernement, la situation est maîtrisée. Seulement le tiers des 59 centres certifiés non subventionnés a demandé l'aide d'un consultant, fait valoir Québec. Et moins d'une dizaine a pu prouver que ses difficultés financières résultaient des modifications réglementaires.

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