Les autochtones plus touchés par les infections transmises sexuellement

Le taux d'incidence de l'hépatite C aiguë est 5,5... (PHOTO MEGAN BEARDER, ARCHIVES THE NEW YORK TIMES)

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Le taux d'incidence de l'hépatite C aiguë est 5,5 fois plus élevé chez les autochtones que chez les non-autochtones.

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Louise Leduc
La Presse

Le taux d'incidence de la chlamydia chez les adultes des Premières Nations est presque sept fois supérieur à celui des Canadiens en général, et celui de l'hépatite C aiguë, 5,5 fois plus élevé chez les autochtones que chez les non-autochtones. Au surplus, 12,2 % de tous les nouveaux cas d'infection par VPH touchent des autochtones, comparativement à 10,5 % en 2005.

Ces données, demandées par La Presse en vertu de la Loi sur l'accès à l'information, sont tirées d'un rapport de Santé Canada qui l'a rédigé afin de vérifier la pertinence et le rendement de ses programmes de prévention des infections transmissibles, entre avril 2008 et mars 2014.

Santé Canada ne cache pas que la collecte d'information est difficile et les résultats, imparfaits. Bien que ce soit là le bilan le plus récent, certains chiffres datent de quelques années déjà.

Si les taux des maladies étudiées dépassent largement ceux enregistrés dans la population en général, Santé Canada relève que « l'incidence des maladies transmissibles est restée relativement stable dans la plupart des régions et a diminué dans d'autres régions au cours de la période d'évaluation ».

Comme on peut le lire par ailleurs dans le document Programme national de santé 2015-2025 publié par le ministère québécois de la Santé, la chlamydia (particulièrement chez les jeunes femmes de 15 à 24 ans) de même que la gonorrhée sont aussi en hausse chez les Québécois en général.

« Entre 2006 et 2013, le nombre de cas de gonorrhée a plus que doublé et concerne davantage les hommes âgés de 20 à 29 ans. »

Et ce n'est pas sans inquiéter les autorités publiques, puisque « au fil du temps, la bactérie à l'origine de la gonorrhée a développé une résistance aux antibiotiques de plusieurs catégories, causant ainsi de plus en plus d'échecs aux traitements. Dans un contexte où peu de solutions thérapeutiques alternatives sont offertes, les contrôles de cette bactérie représentent un défi majeur ».

Pendant ce temps, au Nunavik

Le rapport de Santé Canada comprend les données pour les Premières Nations du Québec, mais pas pour les Inuits, dont la situation n'est pas plus reluisante, comme en font foi les informations transmises par Serge Déry, directeur de santé publique du Nunavik.

La gonorrhée et la chlamydia sont aussi très répandues et touchent beaucoup les jeunes de 15 à 35 ans. « Nous avons fait des campagnes de sensibilisation sur la chlamydia, mais nous n'avons jamais réussi à en réduire l'incidence, se désole le Dr Déry. Pour ce qui est de la gonorrhée, les taux étaient plus faibles il y a trois ou quatre ans, mais ils se sont mis à monter ces derniers temps », indique le Dr Déry en entrevue téléphonique, évoquant par exemple ce ratio de 3953 cas de gonorrhée chez les 15 à 24 ans en 2014.

Au Nunavik, les condoms sont distribués gratuitement et à plusieurs endroits, mais la consommation d'alcool fait en sorte qu'on les néglige souvent, indique le Dr Déry.

Il reste qu'au Nunavik, c'est plutôt un tout autre type de maladie, la tuberculose, qui cause les plus gros soucis. En 2012, 10 % des habitants de Kangiqsualujjuaq avaient été touchés. L'année suivante, c'est Salluit qui écopait le plus.

Un immense programme de dépistage a été mis en place, avec comme but de rejoindre 90 % de la population.

Salluit en est à quelque 30 cas de tuberculose depuis juin.

- Avec la collaboration de William Leclerc

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