Un bémol sur le lien entre marijuana et schizophrénie

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«Je pense que les gens qui ont de la schizophrénie dans leur famille feraient mieux de s'abstenir de consommer», explique l'auteur principal du commentaire publié dans la revue Nature, Matthew Hill de l'Université de Calgary.

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Il est prématuré d'affirmer que la légalisation de la marijuana va augmenter le risque de schizophrénie, selon une étude parue cet automne. Oui, la marijuana semble précipiter la survenue de la maladie, mais le taux de schizophrénie n'a pas bougé malgré l'augmentation de la popularité de la marijuana.

«Je pense que les gens qui ont de la schizophrénie dans leur famille feraient mieux de s'abstenir de consommer», explique l'auteur principal du commentaire publié dans la revue Nature, Matthew Hill de l'Université de Calgary. 

«Mais pour ce qui est de la société en général, le risque semble à peu près nul. Si on veut favoriser le dialogue avec les adolescents au sujet de l'abus de drogues, il est important de parler des risques réels, sinon nous perdons toute crédibilité. De toutes les études montrant une augmentation du risque de schizophrénie avec la marijuana, aucune n'a pu établir qu'il ne s'agissait pas d'une prédisposition commune. Personne n'a jamais prouvé de lien causal.»

Le Dr Tom Paus, psychiatre de l'Université de Toronto et auteur d'une étude sur les dangers de la marijuana dans le journal de l'Association médicale américaine, estime pour sa part que le commentaire de M. Hill est «polémique». 

«Oui, il est très peu probable que le cannabis cause la schizophrénie, mais ça peut être dangereux pour les gens à risque, à tout le moins hâter l'apparition de la maladie», dit-il. Il souligne qu'une étude norvégienne récente a montré que même en tenant compte de la présence de schizophrénie dans la famille, la consommation de cannabis augmente les risques de schizophrénie de 60%.

Mais Matthew Hill n'en démord pas: les données épidémiologiques ne justifient pas l'alarmisme de nombreux psychiatres comme le Dr Paus. 

«L'étude norvégienne est intéressante, mais on peut y lire que d'autres types de drogues, dont les sédatifs, augmentent aussi le risque de schizophrénie, dit le psychologue albertain. Et je constate que même si 25% des jeunes Canadiens consomment du cannabis, contre 5% des jeunes Norvégiens, le taux de schizophré-nie est similaire dans les deux pays.»

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