Net recul des grossesses chez les ados au Québec

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Bien qu'il y ait amélioration appréciable chez les adolescentes, la Dre Édith Guilbert souligne qu'il y a encore moyen de faire mieux.

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Louise Leduc
La Presse

Bonne nouvelle: le taux de grossesse à l'adolescence est en nette décroissance depuis une dizaine d'années, tout comme le taux d'avortement chez les jeunes filles.

Entre 2000 et 2013, le taux de grossesse chez les adolescentes a diminué de 46,1% et le taux d'avortement, de 45,5%. «Nous constatons avec satisfaction qu'en 2013, le Québec commence à faire partie des endroits qui ont le plus bas taux de grossesse à l'adolescence», note Édith Guilbert, médecin-conseil au département de santé communautaire du Centre hospitalier de l'Université Laval. 

De nombreux facteurs

Comment est-on arrivé à faire une telle différence chez les 15 à 19 ans? Pour le docteur Guilbert, de nombreux facteurs expliquent cette réussite. Parmi ceux-là: l'instauration de l'assurance médicament, qui a rendu gratuits les contraceptifs hormonaux chez les moins de 18 ans et les femmes de 18 à 25 ans; la possibilité pour les infirmières et les pharmaciens du Québec de prescrire la contraception hormonale et le stérilet sans consultation médicale; l'accès à la contraception orale d'urgence directement à la pharmacie.

Infirmières à l'école

Jocelyn Bérubé, directeur de la Clinique de planification des naissances de Rimouski, dresse les mêmes constats. Dans le Bas-Saint-Laurent, où les taux de grossesse sont particulièrement bas (5,5 pour 1000 adolescentes), il souligne à grands traits à quel point le maintien des infirmières dans les écoles a été précieux. «Dans notre région, nous avons réussi à les garder et ça, ça a compté pour beaucoup, croit-il. Les infirmières sont autorisées à prescrire la pilule, elles peuvent donner des conseils sur le stérilet, diriger les filles à des médecins de famille. Bref, les adolescentes ont beaucoup plus accès aux méthodes contraceptives que les femmes des autres groupes d'âge.» 

Plus compliqué avec les jeunes adultes

«Quand vient le temps de faire des interventions publiques, les femmes qui sont sur le marché du travail sont beaucoup plus difficiles à joindre», affirme M. Bérubé. Qu'on en juge: vérification faite auprès de Chantale Girard, démographe à l'Institut de la statistique du Québec, c'est chez les 20 à 24 ans qu'on enregistre, en proportion, le plus grand nombre d'avortements, soit 63 pour 100 naissances.

Faire mieux

Bien qu'il y ait amélioration appréciable chez les adolescentes, la Dre Édith Guilbert souligne qu'il y a encore moyen de faire mieux. Aux Pays-Bas, le taux de grossesse à l'adolescence se situe à 14 pour 1000 et d'avortement, à 7 pour 1000. Que font-ils de mieux que le Québec? Elle souligne qu'on y offre un cours d'éducation sexuelle dans les écoles de la maternelle au collège depuis plus de 30 ans. Mais ce n'est pas le seul facteur puisque la Suède, par exemple, a maintenu ses cours d'éducation sexuelle et n'enregistre par les mêmes succès que les Pays-Bas. Sur ces questions, dit-elle, c'est souvent un ensemble de mesures, «un environnement favorable», qui finissent par faire une différence.

Ado, enceinte et heureuse

Il restera toujours un certain nombre d'adolescentes pour qui la grossesse précoce sera perçue de façon très positive, voire comme une bouée de sauvetage. Dans ses directives cliniques sur la grossesse chez les adolescentes, le Journal d'obstétrique et de gynécologie du Canada évoque certaines études nord-américaines selon lesquelles jusqu'à 50% des adolescentes devenues enceintes «idéalisaient la grossesse en la décrivant comme étant «l'événement le plus positif de leur vie» ». «Dans le cadre d'une étude rétrospective canadienne, le tiers des adolescentes connaissaient une grossesse souhaitée. Les efforts visant à promouvoir la compréhension et la disponibilité de la contraception n'auraient pas permis de prévenir ces grossesses.»

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