Nouvelle éclosion de tuberculose au Nunavik

On a diagnostiqué 26 tuberculoses depuis juin dernier... (PHOTO OLIVIER PONTBRIAND, ARCHIVES LA PRESSE)

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On a diagnostiqué 26 tuberculoses depuis juin dernier à Salluit, un village qui compte quelque 1200 habitants. Sur notre photo datée de février 2013, un résidant du village de Kangiqsualujjuaq passe un test de dépistage de cette maladie.

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Virtuellement disparue de l'Occident, la tuberculose fait un retour en force dans un village du Grand Nord québécois, viennent d'annoncer les autorités locales de la santé, qui ont déclenché un « dépistage de masse » pour tous les habitants.

On a diagnostiqué 26 tuberculoses depuis juin dernier à Salluit, un village qui compte quelque 1200 habitants.

« C'est énorme », a déploré Serge Déry, directeur de santé publique du Nunavik, en entrevue téléphonique. « C'est vraiment impossible à comparer avec les taux dans le reste de la province », plusieurs centaines de fois moindres.

Cette éclosion fait suite à d'autres épisodes semblables survenus dans cette région du Québec : c'est la quatrième année de suite où le système de santé doit livrer bataille contre une forte recrudescence de tuberculose. En 2012, par exemple, la maladie affectait plus de 10 % du village de Kangiqsualujjuaq. Salluit a été fortement touché en 2013.

Cette fois-ci, un profil se dessine parmi les victimes : « de jeunes adultes » qui fréquentent « des maisons où l'on va fumer de la marijuana et jouer », a avancé le directeur. Mais c'est loin d'être une constante.

Et pour lutter efficacement contre la propagation, les autorités veulent tester tous les résidants de Salluit âgés de plus de 2 ans, avec questionnaires, tests cutanés et radiographies. 

« On recommande fortement aux gens de participer. Mais ce sont eux qui décident. », dit Serge Déry.

Pénurie de logements

La tuberculose s'attrape par contact avec un malade qui tousse ou éternue - des symptômes fréquents.

Au Canada, la maladie ne tue plus. Elle est toutefois si sérieuse et si contagieuse que la loi prévoit l'obligation de se faire traiter, sous peine de détention dans un hôpital. C'est la seule maladie dans cette situation. Un ordre de cour a d'ailleurs été obtenu, dans les derniers mois, contre un jeune de Salluit qui refusait de voir un médecin.

Selon les spécialistes, la pénurie criante de logements dans le Grand Nord québécois pourrait expliquer en grande partie pourquoi cette « maladie du tiers-monde » frappe aussi durement les Inuits.

« La tuberculose a été décrite comme une maladie d'origine sociale, mais avec des manifestations physiques », a indiqué Serge Déry. « C'est sûr que si tu as 20 personnes dans une maison, il y a beaucoup plus de personnes à risque d'être infectées. » Le médecin souligne aussi que les problèmes de malnutrition et de pauvreté chez les Inuits du Québec peuvent contribuer à diminuer leurs défenses immunitaires, facilitant du coup la tâche à la tuberculose.

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