Guide alimentaire: quelle place pour l'industrie ?

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Au Canada, le premier guide alimentaire a vu le jour en 1942.

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Si le prochain guide s'inspire du modèle brésilien, on privilégiera des conseils pour aider les gens à mieux manger, plutôt que de donner des quantités et des catégories à respecter.

« Ces changements vont être difficiles à implanter, car l'industrie ne va pas aimer ça », estime Jean-Claude Moubarac. Pour cette raison, le chercheur québécois croit que le nouveau guide devrait être rédigé par des scientifiques, sans consultation de représentants de l'industrie alimentaire. Cela sauverait beaucoup de temps, dit-il, puisqu'un consensus est possible entre scientifiques, beaucoup plus facilement que si des représentants de l'industrie se trouvent autour de la table.

« Tout chercheur qui a un lien de près ou de loin avec l'industrie ne devrait pas siéger aux comités de Santé Canada. », estime Michel Lucas, épidémiologiste au CHU de Québec.

Plus de variété, moins d'influence

Traditionnellement, des représentants de l'industrie alimentaire participent aux consultations qui mènent à la révision du Guide. On peut toutefois se demander quel impact ont eu les représentants de l'industrie lors de la dernière mouture, dit Simone Lemieux, chercheuse en alimentation à l'Université Laval. En 2008, les boissons de soya ont fait leur apparition comme substitut du lait, ce qui n'a certainement pas dû plaire aux producteurs laitiers. Plus il y a de diversité, plus le poids de chacun des représentants diminue, note-t-elle.

La présence des représentants au débat entourant un éventuel nouveau guide n'est pas nécessaire, estime Simone Lemieux, puisque ce ne sont pas des experts en nutrition. Par contre, s'il y a une catégorie d'experts qu'il ne faut pas oublier d'inclure dans la démarche, ce sont des spécialistes du marketing social, soutient cette spécialiste. Des gens qui pourraient vendre des messages simples et positifs, comme celui de manger en famille ou de cuisiner. « C'est beaucoup plus important que le nombre de portions ou le nombre de grammes par portion », dit Simone Lemieux, qui affirme que le Guide doit être plus simple s'il veut trancher dans la cacophonie nutritionnelle dans laquelle nous vivons. Et qui est hautement malsaine. « Il nous faut enfin une certaine quiétude alimentaire », dit-elle.

Le grand mystère

Impossible de savoir quand les Canadiens auront en main leur nouveau Guide. Aucun processus n'est encore mis en place, indique le porte-parole du ministère, Éric Morissette, qui avait déclaré à un quotidien torontois le printemps dernier que le Guide serait revu de fond en comble. Difficile de savoir précisément ce qui en est, car Santé Canada ne favorise pas la diffusion d'informations. Au contraire : malgré plusieurs demandes et de généreux délais, personne au ministère fédéral ne pouvait accorder d'entrevue dans le cadre de ce reportage. Le Guide alimentaire canadien est le deuxième document fédéral le plus téléchargé, le premier étant les formulaires de déclarations d'impôts.

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