CUSM: un système pneumatique de pointe qui ne fonctionne pas

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Depuis son ouverture, en avril, le CUSM fait face à plusieurs problèmes de fonctionnement.

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Les problèmes ne cessent de s'accumuler au nouveau Centre universitaire de santé McGill (CUSM). Après les problèmes de refoulement d'égout, c'est au tour du système de transport pneumatique d'éprouver des problèmes. Ce système primordial, qui doit servir à la livraison de prélèvements et de médicaments à l'interne, est tombé en panne à plusieurs reprises depuis l'ouverture de l'hôpital, en avril.

« Dès que ça brise, la livraison de médicaments à plusieurs patients est retardée. Les pannes durent parfois des journées entières. Les patients sont pénalisés », dénonce Mary Ann Davis, secrétaire générale du syndicat des employés du CUSM.

Avant l'ouverture du nouveau CUSM, construit en partenariat public-privé par le consortium Groupe infrastructures santé McGill (GISM), la direction de l'établissement se vantait de son nouveau système de tubes pneumatiques.

« Les tubes pneumatiques aideront à la livraison d'articles et de médicaments de première importance, voire du sang, rapidement, ce qui est extrêmement important pour une institution de soins tertiaires et quaternaires », expliquait Frank Vieira, directeur associé du CUSM dans un communiqué. On prévoyait que 5000 transports par jour seraient effectués.

« Mais le système brise régulièrement », note un médecin qui travaille au CUSM. « On entend à l'interphone que le système pneumatique est arrêté. Puis rétabli. Puis arrêté... Ça arrive tout le temps », dit-il.

La porte-parole du CUSM, Vanessa Dahma, explique que le système de tubes pneumatiques du site Glen « est l'un des plus complexes étant donné le nombre de points de service et le volume d'échantillons échangés chaque jour ». Elle assure que GISM travaille actuellement afin de « s'assurer que tous les problèmes soient résolus aussi rapidement que possible ». 

« Bien que le système de tubes ait été interrompu à plusieurs reprises à l'ouverture de l'hôpital, sa performance s'est grandement améliorée dernièrement. »

Mme Dahma est incapable de préciser le nombre de pannes survenues jusqu'à maintenant et les raisons qui les expliquent. Ces informations sont détenues par GISM. Diane Rivard, porte-parole de SNC-Lavalin, qui fait partie de GISM, n'a pas fourni de statistique sur le nombre total de bris jusqu'à maintenant. Mais elle mentionne qu'en août, « 6700 transactions se sont rendues à destination en moins de 55 secondes, ce qui représente 99 % de toutes les transactions du mois ».

Dans l'ancien CUSM, des employés assuraient le transport interne. Mais ces postes ont été abolis, indique Mme Davis, si bien que quand le système pneumatique tombe en panne, aucun plan B n'est disponible, selon elle. « On demande parfois à des préposés aux bénéficiaires de livrer des choses », dénonce-t-elle.

Mme Dahma assure au contraire que lorsqu'une interruption du système se produit, « le département du transport matériel du CUSM envoie des agents de transport afin d'amasser et livrer les articles, de sorte que la sécurité des patients n'a jamais été mise en danger ».

De nombreux problèmes

Depuis l'ouverture du nouveau CUSM, en avril, les problèmes se succèdent. La semaine dernière, le quotidien Montreal Gazette a révélé que l'hôpital est aux prises avec d'importants problèmes de refoulement d'égout.

Dans un communiqué publié hier, SNC-Lavalin, qui fait partie du consortium GISM, a reconnu que le problème est « déconcertant », mais a tenu à rappeler que « seulement certains endroits spécifiques » sont touchés. L'entreprise a dit travailler à « identifier la source du problème et implanter des mesures correctives ». « Au nom de notre institution, j'en appelle à la patience de chacun pour encore un moment », a affirmé Normand Rinfret, président et directeur général du CUSM.

Parmi les autres problèmes enregistrés au nouveau CUSM au cours des derniers mois, la réception cellulaire est nulle dans certaines parties de l'hôpital, car les matériaux utilisés lors de la construction bloquent le signal. Il en coûtera plusieurs millions pour rétablir la situation. Des syndicats ont aussi dénoncé la pénurie criante d'infirmières en néonatalogie. « Nos ordinateurs brisent aussi très souvent. On a l'impression de travailler dans un hôpital non fonctionnel. On parvient à donner des soins, mais dans des conditions très difficiles », dénonce Mme Davis.

Précision: SNC-Lavalin a reconnu avoir fait une erreur d'interprétation de données et ne pas avoir transmis les bonnes statistiques à La Presse, hier. Contrairement à ce qui inscrit dans notre texte, il y a plutôt eu 97 050 transactions de capsules au CUSM en août. De ce nombre, 99,1 % ont été livrées entre 0 et 15 minutes, affirme la porte-parole de l'entreprise, Diane Rivard.

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