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Le Conseil québécois sur le tabac veut des terrains de jeu sans fumée

Depuis le 18 août, divers organismes défilent à... (Photo François Roy, archives La Presse)

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Depuis le 18 août, divers organismes défilent à Québec pour commenter le projet de loi 44, qui prévoit différentes mesures pour mieux encadrer l'utilisation de la cigarette au Québec.

Photo François Roy, archives La Presse

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Fumer devrait être interdit non seulement sur toute terrasse de restaurant, mais également dans les terrains de jeu pour enfants et les terrains des cégeps et des universités, estime le Conseil québécois sur le tabac et la santé.

Dans un témoignage qui sera livré ce matin à Québec dans le cadre de la Commission sur le projet de loi 44, qui vise à renforcer la lutte contre le tabagisme, le Conseil invite le gouvernement à mieux protéger le public de la fumée secondaire.

Depuis le 18 août, plusieurs organismes défilent à Québec pour commenter le projet de loi 44. Il prévoit différentes mesures pour mieux encadrer l'utilisation de la cigarette au Québec.

Mais pour le Conseil québécois sur le tabac et la santé, des mesures plus sévères devraient être prises pour limiter l'exposition à la fumée secondaire. Le Conseil fera notamment entendre aujourd'hui le biophysicien James Repace, qui a mené plusieurs études sur le sujet.

En entrevue à La Presse, il explique que la fumée secondaire comporte plus de 7000 produits chimiques, dont près de 70 sont cancérigènes.

Terrasses

Selon M. Repace, la suggestion formulée par l'Union des tenanciers de bars du Québec de créer des sections pour les fumeurs et les non-fumeurs sur les terrasses ne repose sur aucune base scientifique. Dans son rapport déposé à la Commission, l'Union des tenanciers soutient qu'il «n'est pas établi» que certaines particules respirées continuellement dans l'environnement urbain «soient moins ou plus dommageables à la santé que la fumée secondaire de tabac». L'organisme a aussi exposé que si les clients sont à une distance convenable, les risques d'exposition à la fumée secondaire sur les terrasses restaient dans les limites acceptables.

Mais M. Repace conteste cette interprétation. «Il a été prouvé que sur les terrasses extérieures où l'on fume, la qualité de l'air est parfois aussi mauvaise que si l'on se trouvait dans un espace clos», explique le scientifique à La Presse. Ce dernier ajoute que près d'une quinzaine d'études ont démontré que la qualité de l'air sur des terrasses où l'on fume est pire que celle qu'on trouve dans la congestion routière.

M. Repace reconnaît que sur une terrasse, différents facteurs influencent la qualité de l'air, dont la direction du vent et la proximité des fumeurs. «Mais le principal inconvénient est pour les serveurs qui, eux, ne peuvent se soustraire à la fumée secondaire», dit-il. Le Conseil estime qu'environ 16 200 serveurs seraient exposés à la fumée secondaire sur les terrasses.

Sortir la cigarette des terrains des universités

Le Conseil demande également que fumer soit interdit sur les terrains de jeux pour enfants, comme c'est le cas en Ontario, au Manitoba et dans certaines municipalités québécoises, dont Sainte-Adèle et Rosemère. Il devrait également être interdit en tout temps de fumer sur les terrains des écoles primaires et secondaires, ainsi que ceux des cégeps, collèges et universités.

M. Repace explique que la fumée secondaire dans les espaces publics est incommodante pour les non-fumeurs. «Le gouvernement réglemente le bruit, parce que ça peut être une nuisance. La fumée secondaire devrait aussi être considérée comme une nuisance», note-t-il.

Les audiences de la Commission se terminent aujourd'hui.

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