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La FIQ offre une ligne pour dénoncer des problèmes dans le réseau de la santé

La présidente de la Fédération interprofessionnelle de la... (PHOTO ARCHIVES LE SOLEIL)

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La présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), Régine Laurent.

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Lia Lévesque
La Presse Canadienne

Le syndicat qui représente la majorité des infirmières du Québec demande l'aide de la population pour dénoncer les situations «inacceptables» dans le réseau. Il vient même d'implanter une ligne téléphonique pour recueillir les informations à ce sujet. Mais le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, n'apprécie guère l'initiative et craint les «dérapages».

Cette ligne 844-FIQ-AIDE a été annoncée lundi par la Fédération interprofessionnelle de la santé, la FIQ, alors que le syndicat se trouve en pleine période de négociation avec le gouvernement pour le renouvellement de ses conventions collectives.

La présidente de la fédération, Régine Laurent, a d'ailleurs souligné que son syndicat dénonce depuis des années le manque de personnel et la surcharge de travail, ce qui a inévitablement des répercussions sur les patients, qui attendent des soins, des services, de l'aide et de l'écoute.

«Le système de santé, pour eux (le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, et le premier ministre Philippe Couillard), on a l'impression que c'est une chaîne de montage. Il faut leur rappeler que ce sont des humains qui ont besoin du système de santé quand ils sont malades, quand ils sont vulnérables», a lancé Mme Laurent.

Elle a affirmé qu'elle aurait préféré ne pas en venir là, mais qu'elle y a été contrainte par le manque d'écoute du gouvernement devant les cas qui se multiplient, à cause du manque de personnel.

«On est rendu là parce qu'il y a une loi de l'omerta dans le réseau de la santé. Quand on a de nos membres, professionnelles en soins, infirmières, infirmières auxiliaires, inhalothérapeutes, qui osent dénoncer des situations qu'elles jugent inacceptables pour leurs patients, et bien elles sont victimes. Elles sont victimes de congédiements ou on les suspend pour enquête sans salaire», a dénoncé la syndicaliste.

Les gens sont donc invités à téléphoner à cette ligne pendant les trois prochaines semaines; elle est déjà active. Lorsque personne ne pourra répondre, il sera possible de laisser un message pour être rappelé. La ligne a d'ailleurs son slogan: «toute vérité est bonne à dire».

Mme Laurent assure que les informations données seront ensuite validées, vérifiées, de façon à éviter les cas de vengeance personnelle ou de chasse aux sorcières.

Les gens qui le préfèrent pourront aussi communiquer avec le syndicat par courriel, à l'adresse casuffit@fiqsante.qc.ca.

Crainte de dérapages

Interrogé à ce sujet plus tard en journée, le ministre Barrette a dit y voir une stratégie de négociation, puisque l'initiative survient alors que la FIQ s'affaire à négocier ses conventions collectives avec le gouvernement du Québec.

De plus, il s'inquiète des risques de dérapages d'une telle ligne téléphonique.

«Ça ouvre la porte à certains dérapages, comme ameuter la population. Il y a des canaux qui existent, là, dans notre système de santé. Je ne serai certainement pas celui qui dira que tout est parfait dans notre système de santé, mais quand il y a des imperfections, il y a des canaux qui existent: un comité des plaintes, un Protecteur du citoyen, il y a la direction des CIUSSS (Centre intégré universitaire en santé et services sociaux), la direction des établissements. Il y a des canaux normaux qui doivent recevoir ça, faire les analyses appropriées plutôt que de faire ce que le syndicat fait», a objecté le ministre de la Santé.

Il a affirmé ne pas croire que cela réglerait les problèmes. «Et si ça dépeint un portrait qui n'est pas réel? Qui décrit des situations qui vont inquiéter la population? Si on vient nommer un milieu et que vous avez des gens qui ont des proches qui sont dans ce milieu-là et que ça ne correspond pas à la réalité, qu'est-ce qu'on a fait comme avancement, là?» a-t-il demandé.

Par ailleurs, Mme Laurent s'est dite «très sceptique» devant la main tendue par le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, dans une entrevue accordée récemment au quotidien Le Soleil. Le ministre Coiteux s'était alors dit prêt à bonifier le salaire de milliers d'employés qui ne seraient pas rémunérés au niveau où ils devraient l'être et ouvert à des aménagements pour atteindre ses objectifs. Mme Laurent l'a invité à «passer de la parole aux actes».

La FIQ ne fait pas partie du front commun syndical pour la présente négociation. Néanmoins, elle a reçu les mêmes offres monétaires que les autres employés de l'État, à savoir deux années de gel, suivies de trois années d'augmentations de 1 pour cent.

La FIQ représente 66 000 infirmières, infirmières auxiliaires, perfusionnistes et autres.

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