Médecins délaissant le réseau public: la FMOQ se veut rassurante

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Le président de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ), le Dr Louis Godin

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Martin Ouellet
La Presse Canadienne
Québec

La Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ) ne s'inquiète pas outre mesure du flux de praticiens qui quittent le régime public pour aller au secteur privé.

Le président de la FMOQ, Louis Godin, croit que le mouvement à la hausse s'estompera graduellement pour se stabiliser dans la moyenne des dernières années.

«Progressivement, ce mouvement vers le privé devrait s'atténuer. Moi, aujourd'hui, je ne suis pas très inquiet», a déclaré M. Godin dans une entrevue accordée à La Presse Canadienne.

Une compilation effectuée par le quotidien Le Devoir révèle que 51 médecins - sept spécialistes et 44 omnipraticiens - ont décidé de se désaffilier de la Régie d'assurance maladie du Québec (RAMQ) en six mois. Il s'agit du double de la moyenne annuelle des 10 dernières années.

Établie en 2013, la marque précédente était de 33 départs vers le secteur privé pour l'année entière. Au total, 346 médecins pratiquent exclusivement dans le secteur privé au Québec, du jamais vu.

Selon M. Godin, la hausse du nombre de médecins à quitter le réseau public depuis le début de l'année est la conséquence de la grogne qu'a suscitée le projet de loi 20 chez les professionnels de la santé.

La suspension des mesures punitives du projet de loi 20, pièce maîtresse de l'entente conclue à la fin du mois de mai entre la FMOQ et le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, devrait permettre de juguler l'hémorragie, estime M. Godin.

«Ce mouvement (vers le privé) s'est fait au cours de l'hiver, du printemps, et qu'il y ait eu encore quelques médecins qui quittent le public pour le privé après la conclusion de l'entente, ce n'est pas surprenant. (...) On croit que cet exode va s'atténuer et qu'on va revenir probablement à la même cadence que l'on avait auparavant», a dit le leader de la fédération.

Il n'en demeure pas moins qu'aux yeux de M. Godin, ces chiffres devraient faire réfléchir le ministre de la Santé sur ses façons de faire.

«C'est sûr que si le ministre, pour une raison X, nous arrivait encore avec cette menace du projet de loi 20 ou une approche similaire, il faudra garder en tête que les conséquences possibles d'un tel projet de loi est ce que l'on voit actuellement», a-t-il dit.

De son côté, l'opposition péquiste presse le ministre Barrette de rétablir les ponts avec les médecins pour éviter un véritable exode vers le privé. La porte-parole du Parti québécois en matière de santé, Diane Lamarre, suggère au ministre d'examiner la possibilité de recourir à l'article 30 de la Loi sur la RAMQ pour suspendre la transition des médecins vers le privé.

«Oui, je pense que le ministre aurait intérêt à utiliser l'article 30 et à suspendre temporairement (les transferts), le temps de bien informer (les médecins)», a-t-elle affirmé.

Mais une mesure aussi drastique ne plaît pas au président de la FMOQ. M. Godin pense qu'il est préférable de laisser de côté les coups de force et d'attendre les effets à long terme de l'entente du mois de mai.

«On est en train de se sortir d'un régime d'obligation, de contrainte et de coercition. Laissons aller le temps, regardons ce qui va se passer dans les trois ou quatre prochains mois et on verra», a fait valoir M. Godin, insistant sur le fait qu'il n'a eu «aucune surprise» en prenant connaissance des dernières statistiques.

Le ministre Barrette a refusé d'accorder une entrevue sur le sujet. Son cabinet a cependant fait remarquer que le nombre de médecins pratiquant hors du régime public au Québec ne représente que 1,8% de l'effectif.

Néanmoins, la loi permet au ministre d'intervenir en cas de nécessité.

«Le ministre assure un suivi continu dans ce dossier. La Loi sur l'assurance maladie contient des dispositions permettant au ministre d'agir pour assurer l'accessibilité et la gratuité des services soit dans une région ou dans un domaine d'activités», a indiqué une porte-parole du cabinet.

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