VIH: la pilule préventive ne favorise pas les comportements à risque

Consommé tous les jours ou avant une relation... (Photo Thor Swift, archives The New York Times)

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Consommé tous les jours ou avant une relation sexuelle à risque, le Truvada réduit à pratiquement zéro le risque de contracter le VIH.

Photo Thor Swift, archives The New York Times

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Que se passe-t-il si on donne à des gens très à risque de contracter le VIH une pilule qui les immunise contre le virus? La réponse: pas ce que plusieurs craignent. Les consommateurs ne délaissent pas massivement le condom et n'ont pas de relations sexuelles avec un plus grand nombre de partenaires.

C'est ce que révèle une étude menée par la Clinique médicale l'Actuel sur le Truvada, un médicament controversé qui permet d'empêcher la transmission du VIH. Ces résultats seront dévoilés demain à Vancouver lors du congrès annuel de la Société internationale du sida.

«Ce sont des résultats importants parce que l'obstacle majeur à la prise de Truvada, tant dans la communauté médicale que la communauté gaie, c'est l'idée que ça va encourager les comportements à risque. Or, dans la grande majorité des cas, ce n'est pas ce qu'on observe», dit Réjean Thomas, directeur de la Clinique médicale l'Actuel et auteur de l'étude.

Le Truvada suscite des vagues partout dans le monde pour l'immense potentiel, mais aussi les craintes, qu'il suscite. Consommé tous les jours ou avant une relation sexuelle à risque, il réduit à pratiquement zéro le risque de contracter le VIH. Il est particulièrement populaire parmi la communauté gaie.

Au Québec, le Truvada utilisé à des fins préventives est remboursé par la Régie de l'assurance maladie au coût de 950$ par mois. L'Angleterre recommande au contraire de l'éviter, craignant qu'il n'encourage les relations non protégées.

266 patients suivis

L'Actuel a suivi 266 patients qui consomment du Truvada. La clinique ne le prescrit qu'à des gens très à risque de contracter le VIH. La majorité d'entre eux ont déjà contracté une infection transmissible sexuellement (79%), ont couché avec des partenaires infectés par le VIH (67%) et ont des relations sexuelles sous l'influence de la drogue (73%). Les sujets n'utilisent le condom que lors de 70% de leurs relations.

Trois mois après avoir consommé du Truvada, plusieurs patients ont rapporté avoir réduit leur consommation de drogue et d'alcool. Dans 34% des cas, ils avaient réduit leur nombre de partenaires sexuels. Seule ombre au tableau: 16% des répondants ont dit moins utiliser le condom, une «préoccupation» aux yeux de Réjean Thomas.

«Il faudrait voir pourquoi cette minorité utilise moins le condom. On sait que deux partenaires sur le Truvada, par exemple, utilisent moins le condom ensemble», avance-t-il.

Le docteur Thomas explique l'amélioration des autres facteurs de risque par le fait que les patients sur le Truvada sont suivis tous les trois mois et reçoivent plusieurs conseils de santé. Pour plusieurs, c'est un peu l'occasion de se prendre en main.

«Il y a une prise en charge globale via cet outil-là, dit M. Thomas. On ne fait pas juste donner une pilule.»

Évolution

Trois mois après avoir commencé un traitement préventif à base de Truvada, les changements suivants ont été observés (en % de patients).

Consommation de drogue

> Diminution: 13% 

> Augmentation: 3%

Consommation d'alcool

> Diminution: 9%

> Augmentation: 4%

Nombre de partenaires sexuels 

> Diminution: 34%

> Augmentation: 7%

Utilisation du condom

> Diminution: 16%

> Augmentation: 9%

23% avaient cessé le traitement pour toutes sortes de raisons.

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