Des médecins malades au travail

«Les médecins sont socialement conditionnés à ne pas... (PHOTO ALAIN ROBERGE, ARCHIVES LA PRESSE)

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«Les médecins sont socialement conditionnés à ne pas abandonner leurs patients et à ne pas non plus surcharger les horaires de leurs collègues. Comme les hôpitaux n'ont pas systématiquement de procédure de remplacement en cas de maladie, le problème reste entier», a affirmé hier Julia Szymczak, de l'Hôpital pour enfants de Philadelphie.

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Plus de 80% des médecins vont travailler même s'ils sont malades et peuvent infecter leurs patients, selon une nouvelle étude américaine publiée dans la revue JAMA Pediatrics. Ils craignent la réaction de leurs collègues s'ils restent chez eux.

«Les médecins savent qu'il vaut mieux ne pas aller travailler malade si on peut infecter des patients», expliquait en conférence de presse l'auteure principale de l'étude, Julia Szymczak, de l'Hôpital pour enfants de Philadelphie.

«Mais ils sont socialement conditionnés à ne pas abandonner leurs patients et à ne pas non plus surcharger les horaires de leurs collègues. Comme les hôpitaux n'ont pas systématiquement de procédure de remplacement en cas de maladie, le problème reste entier.»

Le personnel montré du doigt

En 2013, une étude américaine a montré qu'en imposant à leurs employés deux jours de congé en cas de grippe, les hôpitaux peuvent réduire sa transmission de 40%.

Les infections nosocomiales, transmises dans les établissements de santé, ne sont pas seulement le fait des patients, souligne Charles Frenette, directeur médical de la prévention des infections du Centre universitaire de santé McGill (CUSM), à qui La Presse a demandé de commenter l'étude.

«Les employés des hôpitaux sont les vecteurs de transmission, et parfois aussi la source, dit le Dr Frenette. Il n'y a pas de chiffres de ce genre au Québec, mais on n'est pas différent du reste du monde. Avec les pénuries de main-d'oeuvre, il est difficile de trouver quelqu'un pour remplacer. Dans les hôpitaux universitaires, s'il manque un interne ou un résident, on se débrouille. Mais avec les infirmières et les préposés, il manque beaucoup de main-d'oeuvre, surtout s'il fait beau.»

Des tests pourraient être offerts

L'une des avenues envisagées par de nombreux hôpitaux québécois, dont le CUSM, est d'offrir aux employés des tests rapides de grippe, en laboratoire et en clinique.

Il y a aussi des tests rapides pour la gastroentérite, mais vu leur coût élevé peu d'hôpitaux l'offrent à leurs employés. Au CUSM, la consigne en cas de symptôme de grippe ou de gastroentérite est de ne pas aller travailler, mais comme les employés ne sont pas obligés de déclarer la cause d'un congé de maladie s'il dure moins de cinq jours, impossible d'avoir un portrait exact de la situation, selon le Dr Frenette. «On aimerait ça le savoir», dit-il.

D'autant plus que la seule manière de convaincre les employés de se faire vacciner contre la grippe est de leur démontrer l'ampleur du problème de la contamination des patients par des employés malades, selon le Dr Frenette.

Le taux de vaccination antigrippal dans le secteur de la santé est de 40%, selon lui.

À titre de comparaison, il dépasse 60% chez les personnes âgées.

«On ne parle pas d'études dans des revues médicales, mais de démontrer que l'éclosion au cinquième étage est directement liée à un groupe d'employés malades. J'avais fait un exercice du genre dans un autre établissement où je travaillais et le taux de vaccination a augmenté par après.»

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