La marijuana doublerait le risque de psychose chez certains ados

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Sue Bailey
La Presse Canadienne
SAINT-JEAN, T.-N.-L.

Les études scientifiques ont de plus en plus tendance à suggérer que la consommation de marijuana n'est peut-être pas aussi inoffensive que les adolescents, et parfois leurs parents, le croient, selon certains chercheurs.

Romina Mizrahi, directrice de la clinique de prévention de la psychose chez les jeunes et clinicienne-chercheure au Centre de toxicomanie et de santé mentale affilié à l'Université de Toronto, fait remarquer qu'un nombre de plus en plus élevé de recherches préviennent du risque accru d'hallucination, de paranoïa et de déclenchement de la schizophrénie chez les jeunes fumeurs de «pot» les plus prédisposés.

La docteure Mizrahi affirme qu'il est assurément possible de dire que chez les jeunes vulnérables aux problèmes de santé mentale, la consommation de marijuana «double le risque» de psychose.

La psychiatre Sinthuja Suntharalingam observe de plus en plus fréquemment de psychoses causées par la consommation de substances psychotropes à la Clinique de soins d'urgence en santé mentale du Centre hospitalier pour enfants de l'Est de l'Ontario, à Ottawa. Un ou deux cas par semaine s'y présente en moyenne, et selon Mme Suntharalingam, la substance la plus communément impliquée est le cannabis.

Selon Sinthuja Suntharalingam, les jeunes qui se présentent à cette clinique sont en proie «à de vives hallucinations» et leurs parents sont «très effrayés», car certains tentent de se faire du mal ou de blesser d'autres personnes.

Romina Mizrahi et elle sont parmi les professionnels qui croient que plus d'efforts doivent être faits pour aider les jeunes à mieux saisir les effets secondaires du cannabis sur leur santé mentale.

La docteure Mizrahi souligne que plusieurs adolescents considèrent que de consommer de la marijuana est inoffensif comparé à la prise de drogues dures, mais que pour certains d'entre eux, ce n'est pas du tout le cas.

Le niveau de risque dépend toutefois d'un grand nombre de facteurs dont la génétique, les problèmes sociaux, la fréquence de consommation et la teneur de la marijuana en cannabinoïdes - ses éléments actifs -, précise la docteure.

Le Centre de toxicomanie et de santé mentale - le plus grand établissement de recherche, d'éducation et de prévention dans ce domaine au Canada - estime que 23 pour cent de la marijuana consommée en Ontario au cours de la dernière année l'a été par des jeunes de 12 à 21 ans, et 40 pour cent par ceux de 18 à 29 ans.

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