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Les fermetures de centres de jour qui aident les aînés inquiètent un syndicat

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Les centres vont chercher en minibus les personnes âgées et les reconduisent après leurs rendez-vous. Ils offrent aussi un répit aux aidants naturels.

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Stéphanie Marin
La Presse Canadienne
MONTRÉAL

La réduction des heures et la fermeture de centres de jour risquent fort de priver les aînés de certains services de santé, dénonce l'Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS).

Et les personnes âgées devront être placées plus tôt en établissement parce qu'elles ne pourront plus rester chez elles sans aide, ajoute le syndicat.

La présidente de l'APTS, Carolle Dubé, craint «une véritable hécatombe».

«L'austérité fait toujours les mêmes victimes: les plus vulnérables, les personnes âgées, les personnes avec des problèmes de santé mentale. Il faut que ça cesse», lance-t-elle.

L'Alliance a recensé la fermeture d'une vingtaine de centres au cours des derniers mois et d'autres sabrent dans leurs heures d'ouverture, un peu partout au Québec.

Le coût du transport quotidien et du repas servi aux usagers a bondi de 9$ à 16,50$, une augmentation de 83%, signale l'Alliance. Pour certaines personnes plus démunies, cette différence peut faire en sorte qu'elles cessent d'y aller, craint Mme Dubé.

Ces centres de jours offrent de nombreux services, comme la réadaptation physique après des chirurgies, du soutien psychologique, des conseils de nutrition, des soins en ergothérapie et d'autres visant à maintenir l'autonomie des usagers. Les centres vont chercher en minibus les personnes âgées et les reconduisent après leurs rendez-vous. Ils offrent aussi un répit aux aidants naturels.

Mais pour la présidente du syndicat, les centres permettent aussi de briser l'isolement et de faire de la prévention.

Selon les informations transmises par les membres de l'APTS, les usagers dont le centre sera fermé seront notamment dirigés vers des organismes communautaires.

Mais cette réorganisation inquiète Mme Dubé, car ces organismes n'auraient pas les travailleurs spécialisés qui oeuvrent dans les centres de jour, comme des ergothérapeutes et des physiothérapeutes, et n'ont pas toutes les ressources nécessaires.

Elle craint que ces personnes âgées ne reviennent dans le réseau de santé par les salles d'urgence des hôpitaux et que la perte de leur autonomie ne fasse en sorte qu'elles soient contraintes d'aller vivre dans des CHSLD.

«Ça va à l'encontre de ce qui devrait être fait, qu'on investisse dans la prévention pour que les gens demeurent à domicile. C'est ce que les gens veulent et ça coûte moins cher au système de santé», dit-elle.

La cadence des fermetures et des réductions d'heures a augmenté lors de la dernière année, dit Mme Dubé, qui y voit une réponse aux compressions budgétaires.

Au ministère de la Santé, on indique ne pas être responsable de ces fermetures. Le ministère dit accorder des budgets aux Centres intégrés de santé et de services sociaux (CISSS) et aux Centres intégrés universitaires de santé et services sociaux (CIUSSS) qui décident de la façon dont ils vont livrer les services.

Mais on insiste sur le fait que «les centres de jour sont là pour rester». Les CISSS peuvent toutefois décider de livrer les services autrement. Et la directive du ministère demeure: toute démarche d'«optimisation doit se faire sans affecter les services aux usagers».

«C'est une question d'optimisation», a déclaré le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, reprenant le même vocabulaire, lorsqu'interrogé mercredi à ce sujet.

Quant aux usagers qui seront recommandés à des organismes communautaires, il réfute les prétentions de l'APTS sur deux fronts.

D'abord, il maintient que tous les services ne seront pas redirigés vers le communautaire, qui est toutefois en mesure d'accepter plus de clientèle, selon lui.

Mais surtout, il tient à préciser que le secteur communautaire va recevoir du gouvernement 521,4 millions $ en 2014-2015 et 528,9 millions $ en 2015-2016.

«Le financement n'a pas baissé. Un autre mensonge», s'est-il exclamé dans les corridors de l'Assemblée nationale.

L'APTS est une organisation syndicale qui regroupe 32 000 personnes occupant des postes professionnels et techniques dans le réseau de la santé et des services sociaux.

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