La FIQ craint une pénurie d'infirmières pire qu'en 1997

Le désir de Québec d'imposer certaines modifications au... (PHOTO ALAIN ROBERGE, ARCHIVES LA PRESSE)

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Le désir de Québec d'imposer certaines modifications au régime de retraite des employés de l'État provoquera des départs massifs à la retraite en santé, selon la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec. Une situation «catastrophique», dit la FIQ, alors que le réseau de la santé est en pénurie d'effectifs.

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Le gouvernement dirige le réseau de la santé vers une «catastrophe», une situation bien pire que celle qu'a connue le Québec après le départ massif d'infirmières, en 1997, s'il persiste dans son intention d'imposer des pénalités aux régimes de retraite des employés du service public.

Voilà le constat qu'a dressé dimanche matin la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), qui craint de perdre près de la moitié de ses membres (47 %) de 50 à 64 ans d'ici trois ans, en raison des concessions exigées par le gouvernement dans le cadre des négociations des conventions collectives dans les secteurs public et parapublic. 

Au total, ce sont 7500 infirmières, infirmières auxiliaires, inhalothérapeutes et perfusionnistes qui ont désormais l'intention de prendre leur retraite d'ici trois ans, selon les chiffres fournis par la FIQ. En comparaison, 4000 infirmières (et 1500 médecins) avaient fait de même en 1997, quand le gouvernement Bouchard avait mis au point un programme de départs volontaires au sein de la fonction publique.

Le réseau de la santé «continue d'en sentir les impacts», a souligné le vice-président de la FIQ, Daniel Gilbert, en référence au scénario de 1997. «Et à l'époque, on n'était pas en situation de pénurie comme on l'est aujourd'hui», a renchéri la présidente de la Fédération, Régine Laurent.

Depuis 1997, le recours aux heures supplémentaires est devenu systématique et le recours au privé, plus fréquent, ont-ils rappelé.

Les chiffres présentés par la FIQ sont tirés d'un sondage téléphonique que la Fédération a mené auprès de 602 de ses membres de 50 à 64 ans, au mois de mars*.

Le coup de sonde a notamment permis de constater que l'augmentation de la pénalité applicable pour une prise de retraite anticipée, qui passerait de 4 % à 7,2 % par année, est la mesure qui exerce le plus d'influence sur la décision d'accrocher l'uniforme.

En tout, 70,5 % des répondants ont identifié cette proposition gouvernementale comme étant un facteur influent dans la décision de prendre leur retraite. Suivent ensuite le calcul de la prestation de retraite sur la moyenne des huit meilleures années (plutôt que cinq), puis le passage de l'âge de la retraite de 60 à 62 ans. Ces propositions influencent les décisions de partir à la retraite à 63,7 % et 61,4 %, respectivement.

Et ce ne sont pas que des paroles en l'air, assure la FIQ, en soulignant que 66,6 % des répondants ont déjà entrepris des démarches auprès de la Commission administrative des régimes de retraite et d'assurance pour faire évaluer leur rente de retraite.

«La volonté [de partir à la retraite] est réelle», a analysé Daniel Gilbert. 

La FIQ recense actuellement entre 1000 et 1200 départs à la retraite par année. Pour 2019-2020, elle prévoit déjà une pénurie de 3000 infirmières, à laquelle les 7500 départs qu'elle anticipe s'ajouteraient.

«On ne peut pas faire fonctionner le réseau de la santé avec 10 000 personnes en moins», a déploré Régine Laurent, en interpellant le président du Conseil du Trésor, Martin Coiteux.

Ce dernier n'était pas disponible pour accorder des entrevues, dimanche.

*La collecte de données a été effectuée du 27 au 30 mars 2015, par téléphone. La marge d'erreur de l'échantillon est de 4 %.

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