«Le gouvernement nous replonge en crise», juge l'Ordre des pharmaciens

Selon l'Ordre des pharmaciens du Québec, la décision... (Photothèque La Presse)

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Selon l'Ordre des pharmaciens du Québec, la décision de Québec va avoir des impacts sur les services offerts aux patients, dont des hospitalisations plus longues et des choix de médicaments qui ne seront pas optimaux.

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(QUÉBEC) Les coupes «radicales» dans la rémunération des pharmaciens qui exercent dans les hôpitaux aggraveront la pénurie de personnel et diminueront les services aux patients, soutient l'Ordre des pharmaciens du Québec (OPQ). Il demande au ministre de la Santé Gaétan Barrette de revenir sur sa décision, qui n'a «aucun sens».

Or, Gaétan Barrette persiste et signe. La Presse a révélé hier qu'il réduirait de 15 à 45% la rémunération des 1500 pharmaciens des établissements de santé, à compter du 31 mars. Il abolit des primes, notamment à l'éloignement, et abaisse à 36 heures la semaine de travail, qui avait été majorée à 40 heures dans 90% des cas. Il récupère ainsi autour de 50 millions de dollars.

Le cabinet du ministre a finalement donné des explications, hier. Il soutient que ces mesures, prévues dans des lettres d'entente signées en 2012, se voulaient «temporaires» et qu'il peut y mettre fin le 30 mars. «Avant de renouveler cette entente, il est nécessaire d'évaluer si ces mesures ont eu un impact réel, en fonction de l'objectif visé et à l'aide de données probantes», a-t-il ajouté.

Inquiétudes

L'OPQ croyait que les lettres d'entente allaient être reconduites, au moins le temps qu'il y ait négociation avec le syndicat. «Mais on s'aperçoit qu'il y a des décisions assez radicales qui ont été prises, et ça nous inquiète», a affirmé son président, Bertrand Bolduc. «Le gouvernement nous replonge en crise.»

En crise, parce que le réseau de la santé connaît une grave pénurie de pharmaciens depuis des années. Ironiquement, le plus récent numéro du magazine de l'OPQ traite en une de cet enjeu, de cette «spirale infernale» que les mesures aujourd'hui dans le collimateur commençaient à briser.

Pour Bertrand Bolduc, il est «clair et net» que les lettres d'entente portent leurs fruits. La pénurie a commencé à se résorber et les postes de maîtrise sont maintenant tous pourvus dans les universités.

«Ç'a l'impact qu'on voulait avoir. Est-ce que ça pourrait être raffiné? Remodelé? Peut-être. Mais en les coupant comme ça, on retourne en arrière», a plaidé M. Bolduc. La décision du gouvernement «découragera» les pharmaciens à exercer dans les hôpitaux, où les salaires sont moins élevés qu'au privé. Il s'explique mal la suppression de la prime pour pratiquer en région, alors que la même mesure est maintenue pour les médecins.

«Les pharmaciens ne pourront plus être aussi présents sur les étages et aider les médecins et les infirmières à prendre les bonnes décisions, sélectionner la meilleure thérapie, parce qu'ils vont être en bas en train de préparer les médicaments et parce qu'ils seront moins nombreux. On va voir apparaître des problèmes: des hospitalisations vont se prolonger, des choix de médicaments ne seront pas optimaux.»

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