La stimulation cérébrale populaire pour traiter la dépression

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La stimulation magnétique transcrânienne (SMT) stimule une région du cerveau que l'on croit moins active chez les gens qui souffrent de dépression.

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Sheryl Ubelacker
La Presse Canadienne
TORONTO

De plus en plus, les médecins se tournent vers la stimulation cérébrale pour traiter la dépression lorsque les médicaments et la psychothérapie n'ont pas l'effet voulu.

La stimulation magnétique transcrânienne (SMT) stimule une région du cerveau que l'on croit moins active chez les gens qui souffrent de dépression.

La stimulation de cette aire, située dans le cortex préfrontal, se fait au moyen d'un instrument qui transmet un champ électromagnétique à travers le crâne.

«Le champ magnétique passe à travers le crâne et, lorsqu'il interagit avec le cerveau, il cause un courant électrique dans les tissus cérébraux qu'il touche», explique le docteur Mark George, directeur du laboratoire de stimulation cérébrale de l'université médicale de la Caroline du Sud.

«Donc c'est une bonne technique, lorsque vous pouvez, de manière non invasive, entrer dans le cerveau et stimuler le cerveau d'une personne éveillée et alerte, sans réel inconfort», a-t-il fait valoir mardi, durant une conférence téléphonique organisée par le Centre de toxicomanie et de santé mentale de Toronto.

M. George, psychiatre et neurologue, pionnier dans l'utilisation de la technique pour le traitement de la dépression, affirme que la SMT est bien tolérée par les patients et a des effets secondaires minimes.

Jusqu'à 40 pour cent des patients souffrant de dépression majeure ne répondent pas aux antidépresseurs, ou leur effet ne dure pas, ou encore leurs effets secondaires sont trop intenses pour les patients, précise M. George, qui a commencé à utiliser ce traitement il y a 15 ans.

Le docteur Jeff Daskalakis, du Centre de toxicomanie et de santé mentale de Toronto, affirme que le traitement par SMT s'administre habituellement sur une période de quatre semaines. Environ la moitié des patients répondent à ce traitement, et le tiers voient leurs symptômes disparaître complètement.

Gail Bellissimo, une mère de quatre garçons âgée de 52 ans, a souffert de dépression grave durant plusieurs années. Elle a essayé différents types d'antidépresseurs combinés à la psychothérapie, en vain. Sa détresse était grande, constante.

En février dernier, elle s'est inscrite à des essais cliniques pour tester différentes durées de thérapies par SMT chez les patients dépressifs résistants aux traitements.

Elle a testé la version la plus courte, soit des sessions de trois minutes, cinq fois par semaine pendant quatre semaines, avec une option de deux semaines supplémentaires, qu'elle a prises.

Après les deux premières semaines, elle a constaté un changement dans sa vie, «une clarté et une lumière».

Le traitement par SMT l'a non seulement sauvée, confie-t-elle, mais lui a permis de s'épanouir. «Je me sens mieux que jamais, j'aime la vie, je me remets et je regarde en avant.»

Selon le docteur Daskalakis, un patient atteint de dépression coûte environ 19 000 $ par année au système de santé, alors que la SMT coûte environ 6500 $ par personne, et les effets sont durables.

La probabilité que le patient demeure en rémission est très élevée, surtout avec des traitements de maintien. «Plus longtemps on garde les gens en rémission, moins enclins seront-ils à faire des rechutes», indique-t-il.

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