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Christian Paire a quitté le CHUM «sous la contrainte»

Christian Paire, ancien directeur général du Centre hospitalier... (PHOTO DAVID BOILY, ARCHIVES LA PRESSE)

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Christian Paire, ancien directeur général du Centre hospitalier de l'Université de Montréal, affirme avoir remboursé une partie des sommes qui lui avaient été consenties par contrat.

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Mario Cloutier

De passage à Montréal dans le cadre d'un colloque sur l'art et la santé, l'ex-directeur général du Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CHUM) Christian Paire s'est expliqué à La Presse. Il croit que le ministre Réjean Hébert a eu sa tête, mais il ne regrette rien de ce qu'il a accompli à Montréal.

Christian Paire n'est ni amer ni en colère. L'ancien directeur général du CHUM pourrait l'être; son nom a été associé dans l'actualité à celui d'Arthur Porter, ex-DG du Centre universitaire de santé McGill (CUSM) actuellement emprisonné au Panama. M. Paire affirme, quant à lui, n'avoir rien à se reprocher par rapport à sa gestion du CHUM.

Maintenant en poste à Paris, celui qui «dirige des hôpitaux depuis 30 ans» soutient avoir été contraint de quitter son poste sous la pression du ministre de la Santé à l'époque, le péquiste Réjean Hébert. Il a aussi, souligne-t-il, remboursé une partie des sommes qui lui avaient été consenties par contrat.

«J'ai pris la décision de partir, décision prise sous la contrainte, explique M. Paire en entrevue exclusive à La Presse. Il y a eu un divorce avec le conseil d'administration. À partir du moment où je n'avais plus sa confiance, même s'il a été poussé vers ça par le ministre, j'ai décidé que je devais partir.»

Quand on lui a demandé s'ils ont servi de bouc émissaire pour les dépassements de coûts au CHUM puisque le débat a surtout porté sur ses conditions salariales, Christian Paire ne va pas aussi loin.

«Les questions de salaire, je suis extrêmement à l'aise, dit-il. On m'avait proposé un salaire, je l'ai accepté. On a trouvé, après coup, qu'il était trop grand, mais c'est ce qu'on m'avait proposé. J'ai même accepté de rembourser des choses qui m'avaient été contractuellement accordées.»

Rapport du VG

Il y a un peu moins d'un an, un rapport du Vérificateur général a révélé des problèmes de gouvernance, une rémunération excédentaire, des nominations non conformes et un processus d'attribution de contrats de gré à gré qui ne respectait pas les règles au CHUM.

«J'ai la conscience tranquille, assure M. Paire. J'estime que non seulement je n'ai rien à me reprocher, mais que j'ai fait du mieux de ce que je pouvais faire.»

«On a porté une vision stratégique et académique pour le CHUM, poursuit-il. J'ai l'impression que les changements que j'ai occasionnés ont été la vraie cause de toutes ces réactions. Le projet avance bien. Il n'existait pas quand je suis arrivé, soit dit en passant. [...] Je suis fier d'y avoir pris une part, que l'on qualifiera comme on voudra, mais que je crois importante.»

Plutôt que de prendre part au débat public sur son départ précipité, Christian Paire a préféré garder le silence. Il compte cependant publier un livre au sujet de son expérience à Montréal.

L'art à l'hôpital

En France, il a créé une fondation pour soutenir la recherche médicale et il conseille les hôpitaux de Paris sur le développement de la culture en milieux de soins.

Comme il le faisait à Montréal, Christian Paire continue donc de croire à l'effet positif de l'art en milieu hospitalier. Il estime possible d'en présenter sans rien enlever à la qualité des soins, mais en mettant sur pied des fondations.

«En regardant ce qui s'est fait ici, entre autres, il est possible de financer les arts en allant chercher l'argent ailleurs. Il en va du mieux-être des patients. Mais il y a des gens qui n'ont pas envie que le patient ait un plus grand rôle, qui trouvent très bien qu'il soit là uniquement en tant qu'objet de soins et de recherche.»

Cette résistance n'est pas le fait des syndicats, précise-t-il, mais souvent des médecins.

«Il y a deux groupes, ceux qui y croient totalement, qui s'y engagent, notamment en santé mentale et en pédiatrie. Et puis vous avez des îlots de résistance, chez les autres.»

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