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Une clinique de fertilité sur le point d'être fermée par le Ministère

La clinique OriginElle est réputée dans le milieu... (PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE)

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La clinique OriginElle est réputée dans le milieu de la médecine reproductive comme étant plus permissive, notamment quant à l'âge des femmes qu'elle accepte.

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À moins d'un revirement de dernière minute, une clinique de fertilité montréalaise devra cesser l'essentiel de ses activités dans les prochains jours, ce qui laisserait des centaines de couples dans une situation incertaine.

Le permis d'exploitation de la clinique de fertilité OriginElle, située sur le boulevard Décarie, est arrivé à échéance à la fin du mois de juin. L'établissement est incapable de le renouveler parce qu'il n'arrive pas à s'entendre avec un hôpital pour y diriger ses dossiers problématiques. La loi exige que toutes les cliniques de fertilité aient une telle entente.

Un délai de grâce accordé par le ministère de la Santé expirera cette semaine. À ce moment, environ 200 couples devront poursuivre les traitements ou faire l'objet d'un suivi ailleurs qu'à la clinique OriginElle, selon son avocate.

Pour coordonner cet afflux de patients orphelins, les fonctionnaires du ministère de la Santé et de la Régie de l'assurance maladie du Québec (RAMQ) se réuniront d'urgence aujourd'hui pour établir un «plan d'action» si on ne trouve pas de solution de dernière minute.

«On va être prêts à prendre les dispositions nécessaires, a expliqué Marie-Claude Lacasse, du ministère de la Santé. On fera ce qu'il faut faire.»

Le cabinet du ministre de la Santé se montre aussi rassurant. «On va travailler de concert avec l'Agence de la santé et des services sociaux de Montréal», chargée le cas échéant de superviser la cessation des activités de procréation assistée chez OriginElle.

Pas d'entente

Selon nos informations, la clinique de fertilité OriginElle avait obtenu son permis de fonctionnement alors qu'elle avait une entente avec le Centre universitaire de santé McGill (CUSM), où elle dirigeait les cas compliqués. L'hôpital aurait toutefois refusé de renouveler cette entente.

«Un différend judiciaire existe entre un des propriétaires de la clinique OriginElle et le CUSM, ce qui nous empêche de commenter», a expliqué Vanessa Dahma, responsable des communications pour l'hôpital.

Vérification faite, Mme Dahma fait référence à une poursuite de 14 millions lancée par le seul propriétaire de la clinique de procréation assistée, Seang Lin Tan, après qu'il eut quitté son emploi au CUSM, il y a quelques années.

Pour plaider auprès du gouvernement en faveur du renouvellement de son permis, le Dr Tan s'est adjoint les services de l'avocate Karine Joizil, qui gravite dans les cercles libéraux. Elle s'est inscrite au Registre des lobbyistes pour ce mandat.

Dans une correspondance avec La Presse, Mme Joizil souligne que ce ne sont pas toutes les activités de la clinique qui devront cesser si le permis d'exploitation n'est pas renouvelé.

Légalement, le centre deviendra une clinique médicale comme une autre, et les médecins pourront y faire les mêmes actes que tout autre médecin.

Quant à la possibilité qu'OriginElle se plie aux exigences légales avant la fin de son délai de grâce, «la Clinique n'entend pas commenter les pourparlers auxquels elle serait partie avec des établissements de santé», a écrit Mme Joizil.

Une clinique plus permissive

La clinique OriginElle est réputée dans le milieu de la médecine reproductive comme étant plus permissive, notamment quant à l'âge des femmes qu'elle accepte. «Ils ne se sont pas donné les mêmes règles que d'autres cliniques», déplore une source du milieu.

Le site internet d'OriginElle met d'ailleurs de l'avant les «secondes chances» qu'elle donne à des patientes refusées par d'autres médecins. Le patron de la clinique se donne pour mission de «ne pas refuser de traiter une patiente malgré la difficulté de son cas, et ce, dans l'unique but de donner une chance à toutes les femmes envisageant une grossesse», ajoute le site.

L'établissement n'est toutefois pas la cible de reproches gouvernementaux sur le plan médical, a assuré Karine Joizil.

«La qualité des soins médicaux et des services offerts ou les critères appliqués par la Clinique» n'a jamais été en question, a-t-elle assuré. Le ministère de la Santé a confirmé cette version.




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