Baccalauréat obligatoire en sciences infirmières: la FIQ s'inquiète

La Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ)  s'inquiète de... (Photo: Martin Chamberland, archives La Presse)

Agrandir

Photo: Martin Chamberland, archives La Presse

Partager

Jérôme Labbé
La Presse Canadienne

La Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ) s'inquiète de l'obligation pour les nouvelles infirmières de devoir compléter un baccalauréat pour accéder à la profession.

Sa présidente, Régine Laurent, a convoqué la presse dimanche matin pour partager ses craintes quant à la volonté de l'Ordre des infirmières et des infirmiers du Québec (OIIQ) d'imposer une formation universitaire obligatoire dès 2014 à celles et ceux qui souhaitent pratiquer le métier.

Mme Laurent estime que l'entrée en vigueur de cette nouvelle mesure arrive trop rapidement et demande qu'elle soit repoussée.

Ses inquiétudes sont nombreuses. Elle craint notamment que la relève diminue, que les infirmières quittent les régions pour aller étudier dans les grandes villes et qu'elles ne reviennent pas une fois le diplôme obtenu, ou encore que les infirmières détentrices d'un diplôme collégial soient pénalisées à moyen et long terme.

«On ne veut pas que, par exemple, une infirmière qui travaille depuis 17 ans en cardiologie, qui a une formation collégiale, que dans cinq ans on lui dise: "Écoutez, il y a des nouveaux postes, mais vous ne pourrez pas y aller parce que vous n'avez pas un baccalauréat"», illustre-t-elle.

La présidente de la FIQ se demande également comment feront les cégeps et les universités pour s'adapter aussi rapidement à une telle mesure.

«En ce moment, il y a déjà un problème au chapitre des professeurs en soins infirmiers. On est au bord de la pénurie, il en manque. Qu'est-ce qu'on va mettre en place pour s'assurer qu'on aura suffisamment de professeurs?»

Au-delà des enjeux relatifs à l'organisation du travail, il faut considérer l'enjeu le plus crucial: la formation universitaire est la meilleure façon de protéger l'intérêt du public, plaide l'OIIQ, rappelant que formation des infirmières est plus longue d'environ deux ans dans le reste du Canada et dans des pays comme l'Angleterre, l'Australie et la France.

Quant à la période de transition, elle sera d'une durée de cinq ans. «C'est seulement en septembre 2014 que les premières inscrites au programme commenceraient leur cheminement pour le terminer en 2019. Donc, il y a quand même une longue période de transition», a plaidé à l'autre bout du fil Lucie Tremblay, présidente de l'OIIQ.

La Fédération des cégeps a pour sa part prévenu, par voie de communiqué, qu'il était «tout à fait prématuré de conclure, sur la seule base de comparaisons avec d'autres systèmes, que seul le baccalauréat pourrait y répondre et qu'il doit devenir obligatoire pour toutes les infirmières».

«(Et) toute remise en question du modèle actuel de formation, qui a largement fait ses preuves, devrait être précédée d'une rigoureuse analyse des besoins actuels et futurs de la population québécoise et des fonctions de travail des infirmières dans le contexte québécois», a ajouté l'organisation qui représente les intérêts des 48 établissements collégiaux publics du Québec.

Selon les statistiques de la FIQ et de l'OIIQ, 30 pour cent des infirmières actuellement sur le marché du travail sont détentrices d'un baccalauréat.




publicité

publicité

Les plus populaires : Actualités

Tous les plus populaires de la section Actualités
sur Lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer