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Des vérificateurs dépêchés à l'Hôpital général juif

Le déficit de l'Hôpital général juif de Montréal... (Photo Martin Chamberland, La Presse)

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Le déficit de l'Hôpital général juif de Montréal atteindra 24 millions cette année.

Photo Martin Chamberland, La Presse

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Vivement préoccupée par le déficit récurrent de l'Hôpital général juif, l'agence de la santé et des services sociaux de Montréal vient de mandater une équipe de vérificateurs externes pour faire la lumière sur la gestion financière de l'établissement, a appris La Presse.

Les experts ont notamment le mandat de vérifier le nombre d'heures de travail, qui a bondi au cours des dernières années. Les activités relatives à la construction d'un nouveau pavillon de soins intensifs et à la réorganisation de ces services, de même que la gestion de l'établissement seront aussi scrutées à la loupe.

Malgré un plan de retour à l'équilibre budgétaire en deux ans, le déficit prévisionnel de l'hôpital atteindra 24 millions cette année, soit près de 18 millions de plus que la cible autorisée.

Des questions importantes sont demeurées à ce jour sans réponse, explique le directeur des finances de l'agence de la santé et des services sociaux de Montréal, François Lemoyne.

«Les principaux indicateurs sont des indicateurs d'heures. On voit une augmentation du nombre d'heures travaillées qu'on a beaucoup de difficulté à s'expliquer», a-t-il souligné.

L'Hôpital général juif affirme que cette augmentation est due au fait que son volume d'activités ne cesse d'augmenter.

Mais l'Agence ne détient aucune donnée probante à ce sujet, affirme M. Lemoyne. «Les indicateurs que nous avons ne démontrent pas qu'il y a une augmentation de la clientèle.»

C'est l'ancien sous-ministre Pierre Gabriel qui pilote le comité de vérification. Il a occupé de nombreuses fonctions dans la haute direction de l'appareil gouvernemental et connaît bien le milieu de la santé.

Il est épaulé par trois experts spécialisés en finances, dont deux qui ont travaillé récemment à la vérification de la gestion financière du Centre universitaire de santé McGill (CUSM).

Collaboration de l'hôpital

Le cas de l'Hôpital général juif est toutefois bien différent de celui du CUSM, s'empresse de préciser l'Agence. Le déficit est beaucoup moins élevé et les canaux de communication sont ouverts, a précisé M. Lemoyne. «On avait moins de réponses à nos questions avec le CUSM», a-t-il dit, ajoutant que la direction de l'Hôpital général juif collabore et a même demandé de l'aide. De plus, il n'est aucunement question de malversation, du moins pour le moment, a-t-il ajouté.

L'alarme a été sonnée à l'automne 2011. L'Hôpital général juif se dirigeait alors vers un déficit prévisionnel qui dépassait de 18 millions la cible autorisée.

L'établissement a fourni un plan de retour à l'équilibre budgétaire en deux ans au printemps dernier. Le déficit non autorisé devait passer de 18 à 8 millions cette année, pour être complètement effacé l'an prochain.

Des mesures ont été mises en place mais, dès le mois d'août, l'Agence s'est inquiétée du fait que les résultats n'étaient pas ceux escomptés. L'hôpital se dirige de nouveau vers un déficit non autorisé de quelque 18 millions cette année.

«Nous avons beaucoup de difficulté à comprendre que le déficit n'ait pas diminué», a dit M. Lemoyne.

Le directeur général de l'Hôpital général juif, Hartley Stern, et le président du conseil d'administration, Richard Dubrovsky, ont été rencontrés vendredi dernier.

Les vérificateurs ont commencé leur travail mardi, et leur enquête durera six semaines. Leur rapport devrait être rendu public en mars.

Hartley Stern n'était pas disponible hier pour répondre aux questions de La Presse.

Le directeur des finances et du développement des affaires, Laurent Zini, a déclaré que l'Hôpital collabore dans un esprit de transparence avec le comité externe. Il préfère d'ailleurs parler d'«accompagnateurs» plutôt que de vérificateurs.

À ce jour, «toutes les mesures non cliniques [prévues dans le plan de redressement] ont été mises en place, ce qui a mené à des réductions de dépenses de 6,9 millions», a expliqué M. Zini.

Il soutient que l'hôpital accueille toujours plus de patients. «Le nerf de la guerre est d'assurer un volume adéquat pour les ressources financières de l'hôpital.»




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