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Un ratio «inquiétant» de Québécois ont une maladie chronique à leur insu

Un sac repose sur le sol, lors d'une... (Photo: André Tremblay, archives La Presse)

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Un sac repose sur le sol, lors d'une dialyse.

Photo: André Tremblay, archives La Presse

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Lia Lévesque
La Presse Canadienne

Une proportion «inquiétante» de Québécois ont sans le savoir une maladie chronique, comme de l'insuffisance rénale de légère à modérée, de l'hypertension ou de l'hypercholestérolémie, révèle Cartagène.

Cartagène est un vaste projet de banque d'échantillons et d'informations biologiques sur la santé des Québécois, qui permet de suivre des cohortes au fil des ans. Pour la première phase seulement, les données concernant 20 000 personnes ont été colligées.

«On sait par exemple que beaucoup de gens sont atteints de certains troubles chroniques et ne le savent pas», a souligné en entrevue Catherine Boileau, épidémiologiste pour Cartagène.

À ce jour, les chercheurs ont pu faire des constats qu'ils qualifient d'inquiétants, comme le fait que près de 90% des personnes atteintes d'insuffisance rénale de légère à modérée l'ignorent. «Ce sont des gens qui font de l'insuffisance légère, qui commence. Cela pourrait être réversible, mais ce n'est pas traité et, si ce n'est pas changé, cela peut mener à la dialyse», relate l'épidémiologiste.

De même, une personne sur deux serait atteinte d'hypercholestérolémie -taux de cholestérol sanguin trop élevé- sans le savoir.

«Dans notre cohorte, comme dans la population du Québec, plusieurs personnes sont obèses - une sur quatre. Et beaucoup de personnes sont atteintes de plus d'une maladie chronique, de deux ou trois maladies», relève-t-elle.

Autre recrutement

L'équipe de Cartagène veut recruter 17 000 autres Québécois pour mieux alimenter sa banque de données. Il doit s'agir d'hommes ou de femmes âgés de 40 à 69 ans, demeurant à Montréal, Québec, Saguenay, Gatineau, Sherbrooke ou Trois-Rivières, pour faciliter le suivi des cohortes.

En entrevue, la directrice générale de Cartagène, Alexandra Obadia, a tenu à rassurer les gens qui pourraient craindre pour la protection de ce type de renseignements personnels: «Les renseignements nominatifs des participants -leur adresse, leurs coordonnées, numéros de téléphone- tout ça est séparé des informations qu'on collecte sur leur santé. Il n'y a pas moyen de faire une corrélation. Les informations nominatives sont conservées par la Régie de l'assurance maladie du Québec pour le moment et seront sous peu confiées à une unité qui est complètement indépendante de Cartagène. Cartagène n'a jamais, jamais accès à ces informations», assure Mme Obadia. «On ne peut pas faire le lien entre les résultats qu'on a obtenus et une personne en particulier», ajoute-t-elle.

Elle souligne que cette procédure a été adoptée «pour protéger les participants envers leur compagnie d'assurances, envers leur employeur», en plus d'assurer la confidentialité des informations et leur sécurité.

Avec les 17 000 personnes que Cartagène veut recruter, l'équipe souhaite explorer d'autres pistes pour avoir davantage de données cliniques, notamment sur les maladies moins connues, les maladies génétiques, dégénératives, neurologiques, et des conditions comme le syndrome d'impatience musculaire.

Et à ceux qui seraient tentés de participer mais hésiteraient encore, Mme Obadia lance le message suivant: «C'est un geste purement altruiste, qu'on fait pour nos enfants, nos petits-enfants et les générations futures; c'est un geste qu'on fait pour faciliter la recherche et le dépistage, et aussi pour déterminer les mesures de santé publique à adopter pour prévenir les maladies, plutôt que d'intervenir juste au moment de les guérir.»




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