Produits amaigrissants: croisade contre le marketing déloyal

Selon l'Enquête québécoise sur la santé de la... (Photo: Édouard Plante-Fréchette, La Presse)

Agrandir

Selon l'Enquête québécoise sur la santé de la population de 2008, 25% des Québécois ont suivi un régime ou un programme amaigrissant de type commercial. On voit ici le Centre de poids Muffin Magique de Montréal, qui propose de maigrir en mangeant cinq muffins par jour.

Photo: Édouard Plante-Fréchette, La Presse

Partager

Rassurés de voir qu'elles sont homologuées par Santé Canada, vous achetez les capsules Ventre Plat Extra, conçues «pour perdre du ventre, raffermir les cuisses et les hanches», selon Produits naturels Leblanc. Surprise: Santé Canada a approuvé ce produit «pour le soulagement de la constipation occasionnelle et pour maintenir la flore intestinale». Pas pour maigrir.

Lucie Granger, directrice générale de l'Association pour la santé publique du Québec (ASPQ), a dénoncé, hier, lors des Journées annuelles de santé publique, ce marketing déloyal d'un produit amaigrissant.

Il y a plus étonnant. «Actuellement, le critère d'efficacité pour la perte de poids n'est pas pris en compte au moment de l'évaluation des produits par Santé Canada», déplore Chantal Bayard, chargée de projet à l'ASPQ, en entrevue avec La Presse. Santé Canada ne vérifie que l'innocuité des produits de santé naturels, ainsi que leur efficacité à régler d'autres maux, comme... la constipation.

Autre problème: des produits promettant une taille de guêpe sont vendus dans les pharmacies, les magasins d'aliments naturels et les grandes surfaces, même s'ils ne sont pas homologués du tout. «Ils doivent être retirés des tablettes», a demandé Mme Granger, qui veut sensibiliser les pharmaciens à ce phénomène.

Des méthodes dangereuses

Même si on sait que de 85% à 95% des gens ayant perdu du poids le reprennent au bout de cinq ans, ou en gagnent encore davantage, l'attrait des régimes reste fort. Parmi les Québécois de 15 ans et plus ayant tenté de perdre du poids au cours des six mois précédents l'Enquête québécoise sur la santé de la population de 2008, 25% ont essayé un régime ou un programme amaigrissant de type commercial. Seuls 13% ont consulté un professionnel de la santé.

Chez les jeunes, les méthodes employées sont encore plus inquiétantes. Plus de 65% des élèves du secondaire qui ont tenté de maîtriser leur poids ont utilisé «souvent» ou «quelques fois» une méthode potentiellement dangereuse, selon l'Enquête québécoise sur la santé des jeunes du secondaire 2010-2011. Des exemples? S'entraîner intensivement (pour 51% d'entre eux), sauter un repas (28%), suivre une diète (12%) ou ne pas manger durant une journée entière (11%).

Les réseaux sociaux prisés par les entreprises

Le marketing des entreprises spécialisées dans la perte de poids passe désormais par les réseaux sociaux. Weight Watchers a près de 1,1 million d'adeptes sur Facebook et 167 000 abonnés sur Twitter. Ses porte-parole sont encore plus populaires. Plus de 5,7 millions de personnes reçoivent les gazouillis de la vedette de téléréalité américaine Jessica Simpson, qui dit avoir perdu 60 livres depuis son accouchement, en mai.

«Il ne faut pas perdre de vue que ces personnalités ont signé des contrats lucratifs, qui assurent qu'elles ne reprendront pas de poids pendant la durée du contrat», a souligné Mme Granger.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires : Actualités

Tous les plus populaires de la section Actualités
sur Lapresse.ca
»

publicité

la boite:1600127:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer