Étude du CRIIGEN: des chercheurs dénoncent des lacunes majeures

Gilles-Éric Séralini et Joel Spiroux.... (Photo AFP)

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Gilles-Éric Séralini et Joel Spiroux.

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Le groupe du CRIIGEN dont font partie les Drs Spiroux et Séralini voulait mener une étude de toxicité du maïs génétiquement modifié (GM). Conformément aux normes, un groupe contrôle de 20 rats, 10 mâles et 10 femelles, a été prévu. Mais les résultats les plus intéressants ont été l'apparition de tumeurs. Or, pour avoir une puissance statistique adéquate, une étude sur l'oncogénécité d'une substance doit avoir 50 rats, puisqu'il faut les suivre plus longtemps et qu'une partie d'entre eux peut mourir en cours de route.

Cette lacune de l'étude a été soulignée par plusieurs critiques, dont plusieurs n'ont pas de liens avec l'industrie. Le Dr Spiroux convient qu'elle est fondée: «On n'avait aucune idée a priori que ça pouvait donner des tumeurs. Dans nos autres études, on avait seulement vu la toxicité des systèmes hépatiques et rénaux. Mais nous ne pouvions pas ne pas mentionner les tumeurs.»

Les mentionner, soit. Mais dans un cas comme celui-là, il ne faut pas que l'effet inattendu devienne le fait saillant de l'étude, selon Mike (Przemyslaw) Sapieha, biologiste-chercheur à l'hôpital Maisonneuve-Rosemont.

«Dans leur cas, il est clair qu'il manquait la puissance statistique pour tirer des conclusions sur le cancer, dit M. Sapieha. C'est clair que c'est d'intérêt. Mais malheureusement, je ne pense pas que l'étude peut répondre à la question de l'oncogénécité du maïs transgénique.»

M. Sapieha trouve également «curieux» que les effets les plus nocifs touchent les groupes faiblement et modérément exposés aux OGM, et non le groupe qui en mangeait le plus.

De son côté, le site antitransgénique GM Watch a critiqué cette limite de 50 animaux, un «compromis» entre les organismes réglementaires et l'industrie.

Contradiction

D'autres critiques ont souligné que le mécanisme liant OGM et cancer, l'acide férulique, n'est pas très étudié. Le maïs GM avait moins d'acide férulique, qui a un effet oncoprotecteur selon les chercheurs français. L'une des trois études qu'ils citent à ce sujet, publiée en 2010 par des chercheurs taiwanais, arrive toutefois à la conclusion contraire: l'acide férulique accélère la prolifération des tumeurs.

Quand La Presse a souligné ce détail au Dr Spiroux, ce dernier est tombé des nues: «Ça me surprend, je ne m'en souvenais pas comme ça. Ça m'étonne. On ne peut pas être passés à côté de ça.»

Le Dr Spiroux a dit mercredi qu'il retournerait voir l'étude taiwanaise et enverrait des clarifications hier. Au moment de mettre sous presse, il ne s'était toujours pas manifesté.

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