Dépression: les préjugés persistent au Québec

Le sondage démontre que 58% de la population... (Photo Martin Chamberland, archives La Presse)

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Le sondage démontre que 58% de la population estime qu'une personne qui vit une dépression pourrait «s'en sortir si elle le voulait vraiment».

Photo Martin Chamberland, archives La Presse

Daphné Cameron
La Presse

La dépression est toujours perçue de manière très négative au Québec. Près de la moitié de la population ne voterait pas pour un politicien atteint de la maladie ou n'engagerait pas une personne qui présente des symptômes de dépression, révèle un sondage interne du ministère de la Santé que La Presse a obtenu. L'étude montre aussi qu'une campagne publicitaire du gouvernement a été peu efficace pour éliminer les préjugés.

L'enquête a été menée par la firme SOM pour le compte de la direction des communications du ministère de la Santé en octobre 2010, décembre 2010 et novembre 2011, soit avant et après une campagne publicitaire radio destinée à contrer les préjugés à l'endroit des personnes atteintes de dépression. Le sondage a aussi mesuré les perceptions et les attitudes de la population à l'égard de la maladie.

Le coup de sonde de 2011, mené auprès d'environ 1000 répondants, démontre que 58% de la population estime qu'une personne qui vit une dépression pourrait «s'en sortir si elle le voulait vraiment» et 21% des gens pensent que les gens atteints ont une personnalité «plus faible».

Par ailleurs, 54% des Québécois ne voteraient pas pour un politicien s'ils savaient qu'il présentait des symptômes de dépression. S'ils avaient le choix, 44% des répondants n'engageraient pas un employé qui souffre de cette maladie. Les trois quarts des répondants estiment que les dépressifs peuvent devenir imprévisibles.

Les réponses obtenues avant et après la diffusion de la campagne publicitaire radiophonique sur la dépression intitulée «C'est plus fort que vous», et dont le message visait à faire comprendre que la dépression est une maladie, ne sont pas bien différentes. Les statistiques recueillies auprès des répondants interrogés en décembre 2010, après la diffusion de la campagne, et avant, en octobre 2010, varient seulement de 1% à 5%. Près de 40% des répondants se souvenaient de la publicité.

Quelques améliorations

La situation s'est toutefois améliorée de façon marquée sur un aspect entre le coup de sonde d'octobre 2010 et celui de novembre 2011. À la question «Si vous aviez des symptômes de dépression, vous ne préfériez pas le laisser savoir autour de vous», 43% des répondants se sont dits «d'accord» avec l'affirmation en 2010, contre 31% en 2011.

Le «niveau de crainte» par rapport à la maladie a toutefois légèrement augmenté. En 2011, 75% des répondants estimaient que les dépressifs peuvent devenir imprévisibles (71% en octobre 2010 et 68% en décembre 2010), et 43% croyaient qu'ils pouvaient devenir dangereux (24% en décembre 2010 et 41% en octobre 2010).

La plupart des Québécois sont capables de nommer les symptômes de la dépression: 82% pouvait le faire en octobre 2010, 72% en décembre 2010 et 72% en novembre 2011.

Le ministère de la Santé a aussi cherché à savoir si la population du Québec se servait du web pour chercher de l'information sur divers problèmes de santé. L'étude de SOM a montré qu'environ 10% des internautes ont cherché de l'information sur l'internet au sujet de la grippe, du cancer du sein ou de la dépression. Seulement 4% d'entre eux ont consulté des sites qui parlent des infections transmises sexuellement ou par le sang.

Dans le cas des gens ayant visité un site sur la dépression, 8% d'entre eux se souvenaient d'avoir navigué sur le site web du gouvernement masantementale.gouv.qc.ca.

- Avec la collaboration de William Leclerc

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