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Maisonneuve-Rosemont: situation «inhumaine» aux urgences

Le ministre de la Santé, Yves Bolduc, reconnaît... (Photo: Patrick Sanfaçon, La Presse)

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Le ministre de la Santé, Yves Bolduc, reconnaît depuis deux ans qu'il y a un problème dans l'est de Montréal, mais il répète que la solution passe par la construction d'un nouvel hôpital.

Photo: Patrick Sanfaçon, La Presse

Les 500 médecins de l'hôpital Maisonneuve-Rosemont, dans l'est de Montréal, n'en peuvent plus de la situation «inhumaine» que doivent endurer leurs patients aux urgences, reconnues année après année comme étant les plus débordées de la province.

Ils réclament à l'unanimité l'ouverture d'une centaine de lits supplémentaires d'ici cinq ans, dont une trentaine au deuxième étage des urgences, dont l'agrandissement déjà planifié ne prévoit que trois lits de plus. Les autres lits se trouveraient dans une nouvelle aile de soins aigus, au même endroit.

Les urgences de cet hôpital desservent un territoire de près de 600 000 personnes, soit l'équivalent de la ville de Québec. Le taux d'occupation est constamment de quatre sur une échelle de cinq, du mois de novembre au mois de mars. Par exemple, hier, il y avait 69 patients pour 54 civières fonctionnelles, un taux d'occupation avoisinant 130%. Mais ce taux dépasse souvent 150%.

«Pire que nous pensions»

Le président du conseil des médecins, dentistes et pharmaciens (CMDP), le Dr Rafik Ghali, illustre la situation en disant que les patients sont empilés les uns par-dessus les autres. «Ce n'est pas rare de devoir mettre un patient en attente d'hospitalisation dans une salle de consultation, affirme-t-il. La situation est inhumaine pour les patients. Le travail des médecins est devenu également difficile, parce que l'une des facettes de notre pratique est de traiter les malades dans la dignité, ce qui n'est plus le cas.»

Le Dr Ghali, qui représente les 500 médecins de l'hôpital Maisonneuve-Rosemont, estime que l'est de Montréal vit déjà les effets du vieillissement de la population que prévoit le gouvernement. «Et ces projections étaient optimistes. Ici, nous les vivons maintenant, et c'est pire que nous pensions.»

La solution est donc l'ouverture de lits, selon les médecins. «Je pense que ça peut se faire rapidement, c'est ce qu'il est important de retenir, ajoute le Dr Ghali. Si on est capables de construire un nouveau Colisée de 400 millions en trois ans, on ne voit pas pourquoi on ne pourrait pas se virer de bord rapidement.»

Nouvel hôpital

Le ministre de la Santé, Yves Bolduc, reconnaît depuis deux ans qu'il y a un problème dans l'est de Montréal, mais il répète que la solution passe par la construction d'un nouvel hôpital. Pour Maisonneuve-Rosemont, il a approuvé un agrandissement qui fera passer le nombre de lits de 54 à 57. Du côté de la direction de l'hôpital, on a déjà mis en place des mesures pour recruter des infirmières, on a adopté la méthode Lean (Toyota) et on a conclu des ententes avec trois cliniques afin d'y diriger des patients. Mais l'engorgement perdure.

D'ici quelques jours, la direction de l'hôpital devrait dévoiler les maquettes d'un centre de soins aigus qui serait construit juste derrière le bâtiment principal. Le gouvernement a déjà approuvé le projet, mais les sommes n'ont pas encore été attribuées. Il est clair que la construction, dont le coût est évalué à 300 millions de dollars, ne commencera pas dans un avenir rapproché, surtout si le ministre Bolduc va de l'avant avec son projet de construire un hôpital flambant neuf.




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