Évaluation des CHSLD: Québec resserre le processus

Les inspecteurs auront maintenant l'obligation de prendre un... (Photo: François Roy, archives La Presse)

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Les inspecteurs auront maintenant l'obligation de prendre un repas dans la même salle que les résidents. Ils devront évaluer le goût, la présentation et la variation des menus.

Photo: François Roy, archives La Presse

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Reconnaissant que le processus d'évaluation des centres d'hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) de la province «peut être amélioré», Québec a annoncé une série de nouvelles mesures, hier, dont l'embauche de quatre inspecteurs. Le ministre de la Santé, Yves Bolduc, refuse d'adopter une «mentalité d'espion» en organisant des visites «incognito» dans les établissements. Mais il promet que désormais, la venue des inspecteurs ne sera plus annoncée 24 heures à l'avance.

«En avertissant la veille, on donnait le signal que les centres avaient le temps de se préparer. On ne le fera plus, a dit le ministre. [...] Mais adopter une culture d'espionnage, ça n'aide pas les aînés.»

Même si, dans «la très grande majorité des cas, les gens sont bien pris en charge dans les CHSLD», le gouvernement a cru bon de resserrer ses règles d'inspection à la suite de révélations faites la semaine dernière sur la mauvaise qualité des soins dans certains établissements.

Quatre nouveaux inspecteurs se joindront donc aux deux déjà en poste. «En tout, on aura six équipes sur le terrain. Si on compte tous les membres, entre 40 et 50 personnes évalueront les CHSLD», a dit M. Bolduc. Les visites auront lieu tous les 18 à 24 mois et les équipes auront l'obligation de sonder les comités des usagers pour avoir une vue d'ensemble des problématiques vécues.

Plus d'efforts seront mis dans l'évaluation de la qualité de la nourriture. Les inspecteurs devront maintenant prendre un repas dans la même salle que les résidants. Ils devront évaluer le goût, la présentation et la diversité des menus. Et puisque les CHSLD ne seront plus avertis 24 heures à l'avance de la venue des inspecteurs, «ils ne pourront plus changer le menu à la dernière minute», a reconnu M. Bolduc, qui évalue les coûts de ces nouvelles méthodes à 2,5 millions.

Le président du Conseil pour la protection des malades, Paul Brunet, s'est dit satisfait de ces annonces. «On va enfin écouter les comités de résidants. On a toujours dit que si les administrations écoutaient les usagers, presque tous les problèmes pourraient être réglés», dit-il. Un avis partagé par le président du Regroupement provincial des comités des usagers, Pierre Blain.

Seule l'abolition du préavis de 24 heures inquiète M. Brunet. «Je pense que ça va mettre des établissements en furie, et qui va payer le prix? Les résidants. Il ne faut pas oublier que seulement 4% à 5% des établissements sont problématiques. Et ce n'est pas en les avertissant 24 heures à l'avance qu'ils ont le temps de tout changer. On a voulu faire plaisir à l'opinion publique», estime-t-il.

Bilan mitigé

Par ailleurs, le gouvernement a publié, hier, son bilan des visites d'appréciation réalisées en 2010-2011 dans les CHSLD. Selon le document, 97% des recommandations faites ont été réalisées, en tout ou en partie. Cela témoigne «du sérieux avec lequel sont traitées ces visites par les établissements», selon l'Association québécoise des établissements de santé et de services sociaux (AQESSS).

L'Association québécoise des retraités des secteurs public et parapublic (AQRP) déplore plutôt que seulement 59,5% des recommandations aient été complètement réalisées. «C'est nettement insuffisant: le gouvernement n'atteint même pas la note de passage», a déclaré la présidente de l'AQRP, Madelaine Michaud, rappelant que certaines régions n'ont même pas été visitées en 2010-2011, dont l'Estrie, l'Outaouais et Laval.




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