Québec accepte de lancer un débat sur l'euthanasie

Le gouvernement Charest accepte de lancer un débat sur le droit des Québécois à... (Photo: Martin Chamberland, La Presse)

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Rémi Nadeau
La Presse Canadienne
Québec

Le gouvernement Charest accepte de lancer un débat sur le droit des Québécois à mourir dans la dignité.
A la demande du Parti québécois, le gouvernement du Québec tiendra l'automne prochain une consultation itinérante sur la délicate question qui englobe le droit à l'euthanasie et au suicide assisté.

Dans un premier temps, la commission de la santé et des services sociaux de l'Assemblée nationale rencontrera une vingtaine d'experts en la matière, puis rédigera un document qui servira de base à la consultation.

«Je ne pense pas qu'il y ait de risque à entreprendre une réflexion», a affirmé jeudi le ministre de la Santé, Yves Bolduc, qui ne craint pas qu'un tel exercice entraîne des dérapages.

«C'est une question complexe et les avis sont partagés, mais je pense qu'il y a un consensus, c'est que tout le monde veut mourir dignement et que leurs proches meurent dignement. Maintenant, il faut voir les façons de faire et arriver à améliorer la situation des gens», a-t-il commenté, préférant toutefois attendre avant de se prononcer lui-même sur les moyens à privilégier.

Plus tôt dans la journée, la chef péquiste Pauline Marois avait convoqué les journalistes pour réclamer la tenue d'une consultation, affirmant que la question est devenue incontournable.

«Il y a des gens qui souffrent. Les médecins veulent des balises. Il faut se donner un cadre, les gens le demandent, c'est une question humaine, une question morale», a déclaré le porte-parole de l'opposition officielle en matière de santé, Bernard Drainville, qui accompagnait Mme Marois lors du point de presse.

A l'instar du ministre, le Parti québécois évite de se prononcer immédiatement sur le droit à l'euthanasie et au suicide assisté.

«Pour le moment, notre démarche vise vraiment à ce qu'on se dote des meilleurs mécanismes pour tenir le débat», a indiqué Mme Marois.

Par ailleurs, elle estime que la tenue d'un tel exercice au Québec est nécessaire, même si l'éventuelle légalisation de l'euthanasie nécessiterait des modifications au Code criminel, qui relève du gouvernement fédéral.

«L'intérêt de faire ce travail de façon non partisane, c'est que cela donnera une force de frappe si jamais le fédéral devait refuser une position que le Québec voudrait prendre», a soutenu la chef péquiste.

Récemment, les deux associations de médecins du Québec se sont dites favorables à ce que le gouvernement établisse des conditions pour permettre l'euthanasie.

Sur 2025 membres de la Fédération des médecins spécialistes qui ont répondu à un sondage, 84 pour cent se disaient ouverts à lancer un débat sur l'euthanasie.

Les trois quarts d'entre eux seraient «probablement» ou «certainement favorables» à une ouverture à la légalisation.

Du côté de la Fédération des médecins omnipraticiens, 74 pour cent des 1086 membres ayant répondu à un sondage étaient d'accord pour que «de nouvelles balises réglementaires et législatives soient adoptées afin de permettre le recours à l'euthanasie».

Puis, lors de leur congrès en août dernier à Chicoutimi, les membres de l'Association féminine d'éducation et d'action sociale (AFEAS) ont demandé que les médecins aient le droit de mettre fin aux jours d'une personne qui en a exprimé le désir de façon libre et éclairée, si elle est en perte d'autonomie ou souffre d'une maladie incurable.

Ailleurs dans le monde, des législations permettant de mourir dignement ont été adoptées aux Pays-Bas, en Belgique et au Luxembourg.




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