Crise des isotopes: facture possible de 10 millions

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Depuis la mise hors service du réacteur de Chalk River, en Ontario, en mai dernier, et la pénurie d'isotopes médicaux qui a suivi, les départements de médecine nucléaire doivent faire preuve d'imagination pour traiter les patients.

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La pénurie d'isotopes médicaux pourrait entraîner une facture supplémentaire de 10 millions de dollars pour les hôpitaux québécois si la crise durait un an.

C'est l'estimation que fait l'Association québécoise des établissements de santé et services sociaux (AQESSS) au terme d'une téléconférence avec une dizaine de directeurs généraux d'hôpitaux de partout dans la province.

Le bilan est inquiétant. «Ce n'est pas rien. Quand l'on sait que le budget dont disposent les départements de médecine nucléaire pour la province est d'environ 40 millions, on parle ici d'une augmentation du quart», explique la directrice générale de l'AQESSS, Lise Denis, en entrevue à La Presse.

L'AQESSS demande au ministre de la Santé, Yves Bolduc, d'agir au plus tôt afin de mettre en place des solutions pour l'automne.

Depuis la mise hors service du réacteur de Chalk River, en Ontario, en mai dernier, et la pénurie d'isotopes médicaux qui a suivi, les départements de médecine nucléaire doivent faire preuve d'imagination pour traiter les patients. Les isotopes sont utilisés comme marqueurs pour certains examens.

Les horaires ont donc été réaménagés afin d'utiliser au maximum les isotopes lorsque les livraisons arrivent, en début de semaine.

Des produits de remplacement sont utilisés, notamment le thallium et le fluorure de sodium, pour procéder à d'autres types d'examens lorsque c'est possible. C'est le cas pour certains patients atteints de cancer.

Tous ces réaménagements ont un coût. Les heures supplémentaires et l'utilisation de produits de rechange coûtent de 10 à 12% de plus par semaine aux hôpitaux, révèle l'AQESSS dans sa note de service.

Jusqu'à présent, grâce à ces solutions de rechange, beaucoup d'hôpitaux ont réussi tant bien que mal à maintenir leur degré d'activité habituelle. D'autres ont vu leur capacité diminuer légèrement, augmentant du coup les listes d'attente. Mais l'urgence commence à se faire sentir.

En période estivale, les hôpitaux fonctionnent généralement au ralenti. La situation s'aggravera quand le rythme habituel reprendra l'automne prochain.

«Nous avons eu une très belle collaboration de tous jusqu'à présent, mais il est clair que, pour suivre ce rythme pendant des mois, nous allons user notre monde», mentionne d'ailleurs Mme Denis.

Les hôpitaux ne savent que le jeudi la quantité d'isotopes qui sera disponible pour la semaine suivante. Tant le personnel médical qu'administratif est mis à contribution pour appeler les patients, remodeler les horaires de rendez-vous, procéder aux examens ou lire les résultats.

«On ne pourra pas fonctionner à la petite semaine comme ça quand le volume d'activité reprendra de façon normale l'automne prochain», ajoute la directrice générale de l'AQESSS.

Le tour d'horizon mené auprès de la dizaine d'établissements a permis de sentir l'inquiétude qui règne. «Les gens sont épuisés. Il faut que le ministre prépare des voies de passage pour qu'à l'automne, on ne vive pas la même situation», insiste Mme Denis.

L'AQESSS n'est pas la seule à s'inquiéter des répercussions de la pénurie d'isotopes.

La Coalition Priorité cancer invite la population à écrire à la gouverneure générale, Michaëlle Jean, et au premier ministre canadien, Stephen Harper, pour dénoncer l'inaction du fédéral à gérer la crise.

Plus tôt ce mois-ci, le Conseil pour la protection des malades avait aussi envoyé une mise en demeure au gouvernement fédéral, pour les mêmes raisons.




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