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Suzanne Clément

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Martin Beauséjour
La Presse

C'est la semaine dernière, à Cannes, que Suzanne Clément a remporté un prix d'interprétation pour son rôle dans le film Laurence Anyways. Les membres du jury pour la compétition «Un certain regard» ont décidé d'honorer deux comédiennes plutôt qu'une femme et un homme. Pour l'actrice québécoise, qui voulait que son personnage «ait des couilles», cette victoire est un étrange coup du destin. La Presse et Radio-Canada nomment Suzanne Clément Personnalité de la semaine.

Quand l'actrice Émilie Dequenne s'est vue remettre le prix d'interprétation féminine pour son rôle dans le film À perdre la raison, du réalisateur Joachim Lafosse, Suzanne Clément s'est dit «ça y est, c'est fini pour moi, c'est Xavier qui va remporter quelque chose».

Mais les organisateurs n'avaient pas exigé sa présence pour rien. L'acteur et réalisateur anglais Tim Roth, président du jury du volet «Un certain regard», a tout de suite enchaîné avec l'attribution d'un deuxième prix d'interprétation féminine. Ce dernier a été remis à la comédienne québécoise pour son rôle de Fred dans le dernier film du jeune réalisateur de 23 ans.

Pour la comédienne qui a déjà remporté deux Gémeaux pour son interprétation de la pétillante Sophie Paquin, ce prix, quoique prestigieux, est avant tout rassurant. Comme Xavier Dolan le racontait en entrevue, l'actrice et lui-même ont dû se battre tout au long de la production pour garder le personnage de Fred. «Et en plus, je n'ai pas senti que tout le monde était enthousiaste par rapport au film ou à ma performance. Ce prix prouve que j'ai bien fait de me lancer, de m'investir. Et Laurence Anyways m'a énormément nourrie comme projet. Je réalise que le risque est ce qui me fait le plus avancer finalement.»

La comédienne avoue être encore «dans l'effervescence» de ce périple cannois; une deuxième visite pour elle. «J'y étais allée pour J'ai tué ma mère, mais je ne tenais qu'un petit rôle et j'avais beaucoup de temps pour moi. Mais cette fois-ci, c'était fou comme horaire. Entrevue, promotion, visionnement, table ronde, tu te fais maquiller très tôt le matin et tu passes tes journées à parler du film. Mais ce fut très enrichissant tout de même. De belles discussions sur le long métrage ont eu lieu, avec des acteurs, des créateurs, des journalistes aussi. Il y a eu des danses très intéressantes...»

Elle garde aussi de beaux souvenirs de sa rencontre avec certains membres du jury, comme Tonie Marshall, Leïla Bekhti et, bien entendu, Tim Roth. L'actrice avoue apprécier le charmant Britannique, même si les médias ont un peu exagéré la portée de ses sentiments envers l'acteur. «Sa façon de s'exprimer, ses propos... C'est un homme de création. Il sait de quoi il parle, et on a envie de l'écouter.»

Autre homme de création, très important pour elle: Xavier Dolan, pour qui elle éprouve un mélange d'amour et d'admiration. Sa rencontre avec le jeune réalisateur a eu lieu il y a à peu près six ans. «Xavier avait déjà écrit le scénario de J'ai tué ma mère et il voulait que je le lise. Il avait 17 ans, c'était bon, les dialogues étaient excellents, il voulait le tourner, jouer dedans, le réaliser et il souhaitait aller à Cannes. Je l'ai cru, j'y ai cru. Ça a résonné en moi.» Suzanne Clément, maintenant sa muse, veut évidemment poursuivre sa collaboration avec le jeune créateur. Mais elle rêve aussi parfois d'inverser les rôles. «Je rêve de le mettre en scène à mon tour... un jour.»

Dès son arrivée, la comédienne s'est remise au boulot. Elle fera son retour au petit écran dans la nouvelle série Unité 9, écrite par Danielle Trottier. «Je ne sais pas si c'est une bonne chose de rester dans l'excitation de Cannes, je suis bien contente d'immédiatement replonger dans le travail. En plus, c'est un projet intéressant, avec des comédiennes extraordinaires.» La distribution de cette série, qui se déroule dans un pénitencier pour femmes, compte, entre autres, Guylaine Tremblay, Céline Bonnier et Micheline Lanctôt.

«Je n'ai pas un gros rôle, par contre, et c'est ce que je voulais. Je désirais avoir du temps à moi, pour voir les répercussions de Laurence Anyways et de Cannes aussi.» Celle qui a tourné son premier film, avec Robert Lepage en 1995 (Le Confessionnal), sera de retour au grand écran très bientôt. Elle jouera à l'automne, dans Amsterdam, un long métrage réalisé par Stefan Miljevic.

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