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Dr François Raymond

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Martin Beauséjour, collaboration spéciale
La Presse

Le Dr François Raymond oeuvre à la clinique de pédiatrie scolaire Libellule, située dans une école défavorisée de Longueuil. À raison de deux demi-journées par semaine, le médecin vient rencontrer les élèves qui présentent des troubles d'intégration scolaire. Sans les bons soins de ce pédiatre dévoué, ces enfants échapperaient au réseau de la santé puisqu'ils ne sont généralement pas suivis par un médecin de famille. La Presse et Radio-Canada décernent au Dr François Raymond le titre de Personnalité de la semaine.

«Connaissez-vous le système Juste-à-temps? C'est un peu ce que nous faisons ici, à l'école Bourgeoys-Champagnat», dit le pédiatre François Raymond. Mieux connu sous son appellation anglaise, le «Just in time» a été inventé par un grand constructeur d'automobiles japonais. C'est un ensemble de règles qui vise une meilleure productivité, entre autres, en interagissant avec tous les intervenants et le client, en même temps. Pour ce médecin, qui est aussi ingénieur et titulaire d'un bac en électronique et en communication, on ne peut trouver meilleure comparaison.

Sa clinique de pédiatrie, baptisée Libellule, mise sur des efforts concertés entre l'école, la famille et le milieu médical pour identifier et traiter les troubles d'apprentissage et de comportement. Une fois le problème détecté, une rencontre est donc organisée entre la direction, l'orthophoniste, les parents et le médecin, par exemple. «Ensemble, on sauve énormément de temps et nous sommes tous sur la même longueur d'onde pour la suite des choses», résume celui qui enseigne aussi à l'Université de Montréal.

Changer pour le mieux

À raison de deux demi-journées par semaine, le médecin de famille quitte sa clinique de la rue Adoncour, à Longueuil, pour se rendre à cette école de quartier, située dans un milieu défavorisé. Sur une échelle qui mesure le niveau de pauvreté, Bourgeoys-Champagnat s'est malheureusement vu attribuer la pire note possible, un 10. Bien que plusieurs cas soient très lourds, les transformations positives, observées chez les élèves, poussent l'équipe à poursuivre sa mission.

Le pédiatre, reconnu pour son humour et son grand coeur, nous parle avec passion de ce garçon qui n'avait aucune concentration en classe. À la suite d'une prise en charge par l'école et le médecin, un problème de déficit d'attention a été diagnostiqué, puis traité rapidement. Mais la rencontre avec les parents a aussi permis de découvrir que ces derniers ne tenaient pas les études en haute estime. Ayant vécu d'énormes problèmes d'apprentissage eux aussi, ils ont décroché rapidement sans qu'aucune aide ne leur soit offerte. Le dévoué médecin a ainsi pu améliorer le quotidien du petit garçon, tout en montrant aux parents que le milieu scolaire pouvait être positif. «Le père, qui adore son fils, est maintenant prêt à aller jusqu'en Afrique pour nous faire de la publicité», avoue-t-il.

Le Dr Raymond, qui est aussi directeur médical du programme Famille-Enfance-Jeunesse, confirme qu'un changement d'attitude se voit aussi souvent chez les parents. «Ce sont des familles qui ne s'ouvrent pas facilement aux autres. Elles éprouvent, en général, une certaine méfiance envers le système scolaire et le milieu de la santé. Donc, quand elles sont en mesure de voir le comportement de leur enfant s'améliorer, et qu'elles nous remercient, c'est une belle réussite.»

Faire des petits

Fondée en décembre 2010, la clinique Libellule est issue d'un partenariat entre la commission scolaire Marie-Victorin et le CSSS Pierre-Boucher. Ce projet unique prouve qu'on peut faire une différence dans la vie d'un enfant sans passer par des structures organisationnelles coûteuses et complexes. Pas étonnant que cette initiative fasse des petits. Deux autres écoles ont tenté l'expérience et un volet pour les enfants de la maternelle est en cours, toujours à Bourgeoys-Champagnat.

«Nous planchons aussi sur un programme qui nous permettrait de garder un oeil sur nos élèves qui passent au secondaire afin de s'assurer qu'ils soient pris en charge correctement», avoue celui qui reste attaché très longtemps aux jeunes qu'il soigne. Ses tout premiers patients viennent de franchir le cap de la trentaine.

Ce père de famille parle aussi avec fierté de son garçon et de sa fille, tous deux au début de la vingtaine. Ils sont passionnés de musique classique, tout comme le paternel qui avoue par contre rien n'y connaître. Le mélomane en herbe adore les écouter jouer du violon et du violoncelle. «C'est un moment que j'apprécie encore plus aujourd'hui. Il n'y a pas si longtemps, j'ai perdu le statut de chauffeur de taxi officiel. Je suis heureux de voir qu'ils sont indépendants, mais je n'aurais jamais cru que ça allait me manquer autant.»

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