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Les artisans de la Ligue nationale d'improvisation (LNI)

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Martin Beauséjour
La Presse

Le 21 octobre 1977, Yvon Leduc et Robert Gravel participaient à la première d'un tout nouveau concept scénique. L'oeuvre expérimentale mélangeait théâtre et hockey. Des joueurs, «coachés» par des entraîneurs, devaient mettre leur imagination à rude épreuve dans une série d'improvisations. Sans le savoir, les deux hommes jouaient le premier match de ce qui allait devenir la Ligue nationale d'improvisation (LNI). Près de 35 plus tard, ce concept culturel majeur est repris dans 35 pays, en 7 langues. La Presse et Radio-Canada décernent aux artisans de la LNI le titre de Personnalité de la semaine.

La LNI s'apprête à célébrer ses 35 ans d'existence. Après toutes ces années, l'oeuvre de Leduc et de Gravel est plus vivante que jamais. Et ce, malgré l'absence des deux fondateurs. Robert Gravel est mort d'un arrêt cardiaque en 1996, et à la suite d'un accident vasculaire cérébral, Yvon Leduc s'est retiré de ses fonctions de directeur général et artistique en 2007. Son poste a ensuite été scindé en deux: François-Étienne Paré est devenu directeur artistique et Étienne St-Laurent a été nommé directeur général. Les deux hommes sont catégoriques: la LNI a le vent dans les voiles.

«On continue à faire des petits. Il y a eu une éclosion de nouvelles ligues en Amérique centrale et en Amérique latine. Des équipes se sont formées au Pérou, au Brésil et au Nicaragua», raconte Étienne St-Laurent. La LNI essaie toujours de répondre positivement aux demandes d'aide pour le lancement d'une équipe ou pour de la formation. «Nous sommes la ligue mère. C'est normal qu'on aide les groupes à se développer, quand on peut», ajoute François-Étienne Paré.

Pour souligner ses 35 ans comme il se doit, la Ligue a plusieurs projets sur la table. Les deux hommes commencent à travailler à l'élaboration de 35 événements spontanés.

«J'aimerais des trucs complètement éclatés, pas seulement des matchs», dit François-Étienne Paré. Il y aura aussi cette soirée-bénéfice au Stade olympique, le 6 juin. Les deux hommes espèrent vendre 500 billets de sociétés et 1000 autres destinés au public. La liste des joueurs n'est pas encore définitive, mais c'est Yvan Ponton qui sera l'arbitre. Et Claude Legault sera intronisé au Temple de la Renommée. Le comédien sera le cinquantième joueur de ce club sélect qui compte déjà parmi ses membres Robert Lepage, Janine Sutto et Normand Brathwaite.

L'impro, un tremplin

Comme bien d'autres avant lui, Claude Legault a affirmé que tout a commencé avec l'improvisation. «C'est vrai pour plusieurs personnes, et encore aujourd'hui, l'impro est souvent une ouverture sur le monde culturel. C'est une porte vers les arts», avance Étienne St-Laurent.

«Et étrangement, ça ouvre ensuite des portes si on devient acteur, animateur ou comédien. En voyant la LNI sur notre CV, les gens de l'industrie se disent qu'on est polyvalent, qu'on aime les défis, qu'on est créatif», ajoute François-Étienne Paré.

Au jeu dès septembre?

Les deux hommes, chacun dans leurs sphères respectives, planchent déjà sur l'avenir de la LNI. Ils voudraient bien allonger la durée d'une saison de jeu, comme au hockey. Au lieu de jouer de février à juin, ils aimeraient bien trouver les fonds nécessaires pour commencer les joutes au mois de septembre.

Étienne St-Laurent voudrait aussi que les équipes disputent plus de matchs sur la route; un concept qui a bien marché cette saison. Certaines villes ont vendu leurs billets en quelques secondes et des supplémentaires ont été ajoutées.

François-Étienne Paré, lui, veut ramener ses équipes à la mission première de la LNI, c'est-à-dire la création. «On est parfois vu comme un spectacle d'humour ou de variétés. Mais l'improvisation n'a pas à être toujours drôle. Il y a plusieurs petites ligues expérimentales qui ont bien compris ça. On doit revenir à ça, je crois», explique François-Étienne Paré.

Ni l'un ni l'autre n'est inquiet pour la survie de la LNI. «L'improvisation est importante ici», souligne François-Étienne Paré. «Normal, au Québec, on aime ça raconter des histoires. On est un peuple de raconteurs», conclut Étienne St-Laurent.

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