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Vladimir Titorenko et son équipe de recherche

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Martin Beauséjour
La Presse

L'Université Concordia a annoncé la découverte d'un composé naturel pouvant détruire les cellules cancéreuses. Sous la supervision de Vladimir Titorenko, l'équipe de scientifiques canadiens prétend que l'acide lithocholique, qui est produit par le foie, peut empêcher la croissance d'une tumeur. Pour souligner cette percée importante dans la lutte contre le cancer, La Presse et Radio-Canada décernent le titre de Personnalités de la semaine à Vladimir Titorenko, Alexander A. Goldberg et Adam Beach, tous de l'Université Concordia, à Gerald F. Davies et Troy A. Harkness, de l'Université de la Saskatchewan, et à Andréa LeBlanc, de l'Université McGill et du Lady Davis Institute de l'Hôpital général juif de Montréal.

Vladimir Titorenko est titulaire de la chaire de recherche de l'Université Concordia en génomique, biologie cellulaire et vieillissement. Il est aussi professeur au Département de biologie et l'auteur principal de cette étude qui porte sur les effets de l'acide lithocholique sur certaines cellules cancéreuses. Conscient que cette découverte est importante, le scientifique, natif de l'ancienne Union Soviétique, garde les deux pieds sur terre. «Il est beaucoup trop tôt pour s'emballer, nous ne sommes qu'au début de l'aventure», souligne-t-il.

Mais cette découverte est très importante et les conclusions de l'étude du professeur Titorenko, et de son équipe, ont été rapportées dans plusieurs publications scientifiques, aux quatre coins de la planète. L'acide lithocholique, produit naturellement par le foie, détruirait plusieurs types de cellules cancéreuses, comme celles de certaines tumeurs cérébrales et celles du cancer du sein. Pourquoi ces deux types en particulier? «Ces deux formes de cellules, cultivées en laboratoire, étaient disponibles dans nos établissements pour nos recherches. Mais nous avons amorcé, depuis peu, des tests sur des cellules du cancer du côlon et l'acide lithocholique semble produire jusqu'à maintenant le même effet», explique-t-il.

Un composé sélectif

Contrairement à la chimiothérapie qui détruit toutes les cellules, qu'elles soient atteintes ou non; l'acide lithocholique ne s'attaque qu'à celles qui sont cancéreuses. «Et c'est un composé naturel déjà présent dans l'organisme humain», souligne Vladimir Titorenko. De plus, ce composé empêche aussi les tumeurs de libérer certaines substances qui favoriseraient la croissance et la prolifération des cellules cancéreuses. «Autre avantage, il empêche donc la propagation du cancer à d'autres parties ou organes du corps», ajoute-t-il.

Ce composé naturel a été longtemps sous-estimé, surtout parce qu'il est rapidement synthétisé par le foie lors de la digestion. «Ce sont des travaux antérieurs (menés par la même équipe) qui nous ont poussés à approfondir nos recherches sur l'acide lithocholique», explique le biologiste cellulaire, une sommité dans son domaine.

Cette découverte est le fruit d'un travail d'équipe. Le groupe, dirigé par l'Université Concordia, comprend des scientifiques de l'Université McGill, de l'Institut Davis de l'Hôpital général juif de Montréal et de l'Université de la Saskatchewan. Et l'étude a bénéficié de l'appui des Instituts en recherche en santé du Canada, du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada, et du programme des chaires de recherche de l'Université Concordia. Vladimir Titorenko reconnaît que ce type de recherche demande beaucoup de temps et d'argent, mais que ses travaux scientifiques sont nécessaires.

Tests sur des humains

Pour le moment, les tests se poursuivront sur des souris. L'acide lithocholique est ajouté à leur alimentation et les recherches ne présentent aucun danger pour l'animal. Pour ce qui est des essais cliniques chez l'humain, le professeur Titorenko préfère rester prudent. «Il faudra attendre sûrement encore quelques années. Le processus est toujours long», souligne-t-il.

Quant à la forme éventuelle que pourrait prendre un traitement à l'acide lithocholique, Vladimir Titorenko n'ose pas se prononcer. Quand on lui suggère la possibilité d'une simple pilule à avaler, il répond du bout des lèvres que ce serait possible. «Mais attention, tout ça n'est qu'hypothétique», rajoute-t-il rapidement.

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