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David Boily

David Boily... (Photo Hugo-Sébastien Aubert, La Presse)

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David Boily

Photo Hugo-Sébastien Aubert, La Presse

Simon Drouin
La Presse

Pendant que les meilleurs cyclistes du monde étaient de passage au Québec pour les Grands Prix cyclistes World Tour, le Québécois David Boily s'illustrait en Europe en terminant deuxième du Tour de l'Avenir, une course de haut rang réservée aux meilleurs coureurs de moins de 23 ans. Ce résultat est historique pour le cyclisme canadien. La Presse et Radio-Canada le nomment donc Personnalité de la semaine.

Le 12 septembre 2010, David Boily était, à 20 ans, l'un des deux plus jeunes participants à la première présentation du Grand Prix cycliste de Montréal, course réunissant plusieurs des meilleurs coureurs du monde. Un an plus tard, son nom circulait abondamment au pied du mont Royal, même si, cette fois, il n'était pas sur la ligne de départ. Des dirigeants, anciens coureurs et journalistes avaient le nez rivé sur leur écran de téléphone, à la recherche d'informations fraîches sur le Tour de l'Avenir, dont l'issue était en train de se jouer en Italie.

Depuis quatre jours, Boily portait le maillot jaune de leader de cette course par étapes prestigieuse réservée aux meilleurs coureurs de 19 à 22 ans. Dans les derniers kilomètres, il s'accrochait à une mince avance de sept secondes sur un rival colombien. Pendant que ce dernier filait en tête, le jeune homme de L'Ancienne-Lorette puisait dans ses dernières réserves pour refermer l'écart.

Le verdict est tombé sous la forme d'un texto envoyé par un membre de l'équipe canadienne présent en Europe. Un seul mot, un juron. Boily avait fini deuxième, à 17 secondes du Colombien.

Exploit

Passé une première déception bien légitime, Boily a pu mieux mesurer l'ampleur de son exploit. En 48 présentations, jamais un cycliste canadien n'était monté sur le podium du Tour de l'Avenir, considéré comme l'antichambre du peloton professionnel et du Tour de France.

Deux semaines plus tard, quels souvenirs conserve David Boily de ce parcours presque parfait sur les routes de la France, de la Suisse et de l'Italie? «J'en retiens une semaine de plaisir... et de souffrance aussi!», lance-t-il au téléphone.

Parce que Boily a eu mal. Défendre un maillot de leader dans une course de cette catégorie n'est pas de tout repos. Le rythme est échevelé et les attaques fusent de toutes parts. Les jeunes coureurs fringants souhaitent se mettre en valeur dans l'espoir de décrocher un contrat.

L'équipe canadienne a aussi été décimée par la maladie et les blessures. Si bien qu'en fin de parcours, il ne restait que deux soldats, Hugo Houle et Antoine Duchesne, sans lesquels Boily jure qu'il n'aurait pu se rendre si loin.

Comme au Salève, principale ascension du Tour, durant laquelle Boily, mis en difficulté, a pensé être dépouillé de son maillot. Au sommet, quand le présentateur a dit: «Et le maillot du jour sera remis à...», le Québécois a vécu ses plus grandes émotions: «Ça m'a paru une éternité. Quand j'ai entendu mon nom, j'ai explosé de joie dans les bras de mon soigneur. Ç'a été un très beau moment, dont je me souviendrai longtemps.»

Quatre jours de suite, Boily est monté sur le podium pour cueillir son maillot jaune, un bouquet et un lion en peluche. Exactement comme au Tour de France, auquel il rêve depuis toujours, «comme tous les garçons qui font du vélo».

Bâtir son succès

Excellent patineur artistique pendant 10 ans - il a déjà chauffé l'actuel champion du monde Patrick Chan -, Boily a bifurqué vers le vélo à 14 ans. Son père, un ancien cycliste amateur, refusait que son fils s'y mette plus tôt, de crainte qu'il ne soit rebuté par les longues heures d'entraînement nécessaires lorsqu'il arriverait à la catégorie senior.

«Quand j'ai commencé, je n'ai pas eu la vie facile, je peux vous le garantir, témoigne Boily. Il a fallu que je travaille très fort pour être bon.»

Aujourd'hui, il peut s'entraîner jusqu'à une trentaine d'heures par semaine. Il prend plaisir à passer «six heures sur [son] vélo, même si c'est bizarre à dire»...

À force de coups de pédale, Boily a bâti son succès, prenant le troisième rang du Tour international de l'Abitibi en 2008, résultat qui l'a révélé chez les juniors.

Grimpeur naturel, Boily s'avère aussi un excellent rouleur, apte à s'illustrer dans un contre-la-montre. Ce sont là les deux qualités principales recherchées pour les courses à étapes, souligne son entraîneur, Dominique Perras, ancien champion canadien.

Depuis deux ans, Boily porte les couleurs de SpiderTech propulsée par C10, une équipe professionnelle de deuxième division dirigée par Steve Bauer, meilleur cycliste canadien de l'histoire.

Pour l'heure, il ne veut pas songer à suivre les traces de son patron, qui fut maillot jaune au Tour de France. Il ne pense même pas au prochain Tour de l'Avenir, auquel il est admissible pour une dernière année. Il se dit simplement «motivé comme jamais» et a déjà hâte de remonter en selle après trois petites semaines de repos. «Je vais continuer à y aller une étape à la fois, sans me mettre de pression.»

Quand j'ai entendu mon nom, j'ai explosé de joie dans les bras de mon soigneur. Ç'a été un très beau moment, dont je me souviendrai longtemps.

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