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Catherine Légaré

Catherine Légaré... (Photo: Robert Skinner, La Presse)

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Catherine Légaré

Photo: Robert Skinner, La Presse

 

Anne Richer
La Presse

Le monde est grand ouvert. Malgré tout, dans la vie quotidienne d'un adolescent, cela ne règle pas son problème d'orientation scolaire et professionnelle. Est-ce que son choix de métier ou de carrière, au-delà de ses aspirations, correspond dans la pratique à ce qu'il imagine? Plombier ou ébéniste? Infirmière ou chanteuse? Le monde du travail comporte des inconnus. Afin de l'aider dans sa recherche, le service de cybermentorat Academos sur l'internet lui permet d'entrer en contact avec un mentor bénévole qui le guidera et l'accompagnera dans son choix.

L'idée de ce site est née en 1999. Catherine Légaré préparait son doctorat en psychologie. Elle cherchait à sortir des sentiers battus et désirait mettre sur pied un projet concret d'expérimentation pour sa thèse sur le thème de la psychologie et l'éducation. Aujourd'hui, après 11 ans d'existence, Academos, un organisme à but non lucratif, a réuni jusqu'ici plus de 50 000 jeunes et 2000 mentors; compte 19 employés répartis aux quatre coins de la province. Academos, c'est aussi 250 écoles inscrites, 12 cégeps, plus d'une centaine de partenaires des milieux d'affaires, scolaires et communautaires. Une initiative unique au pays. Après de nombreux prix et reconnaissances, La Presse et Radio-Canada ajoutent au palmarès de Catherine Légaré, le titre de Personnalité de la semaine.

Un grand succès

«Au départ, ce n'était qu'un projet d'expérimentation, j'étais encore en plein doctorat», explique Catherine Légaré, ravie d'assister à l'explosion d'une solution gagnante. « Le projet initial s'est développé grâce en bonne partie à la mise en commun des idées.»

Voilà comment cela fonctionne. L'étudiant entre en contact sur internet en quelques clics avec un modèle de réussite, quelqu'un d'inspirant, qui écoute, qui soutient, qui raconte sa propre expérience. Le cybermentorat, selon une étude réalisée par l'Université du Québec à Montréal, contribue de façon significative à la motivation scolaire et par conséquent à sa réussite. «Pour un jeune qui sait où cela va le mener, les études prennent un autre sens.»

Academos fonctionne 12 mois par année. La responsabilité des mentors se limite à une demi-heure par semaine, et si par hasard le contact ne s'établit pas bien entre l'étudiant et le mentor, ils ont la liberté d'en changer. Il n'y a que le rapport internet qui est permis, et les bénévoles sont triés sur le volet. «On souhaite enrichir notre banque de bénévoles, hommes et femmes, en arts, en sciences, en affaires, en métiers de toutes sortes, souligne Catherine Légaré.

Le mentorat est une notion présente depuis longtemps, sauf au Québec où c'est plus récent. «Ce type de bénévolat sur le web est extrêmement gratifiant puisqu'il s'agit d'aider un étudiant à s'orienter le mieux possible selon ses goûts et ses talents afin d'entreprendre les études appropriées pour y parvenir. Jusqu'ici, et selon les témoignages, les résultats sont très concluants.»

L'entrepreneuriat

Comment passe-t-on de la psychologie à la gestion d'entreprise? «Ce n'est pas aussi incompatible qu'il n'y paraît, explique Catherine Légaré. Je voulais au début de mes études m'orienter vers la thérapie, mais je n'étais pas faite pour cela». Elle a aussi enseigné l'informatique. «Mais avec Academos, j'ai eu la piqûre de l'entreprenariat».

Elle a réalisé la somme de qualités variées, notamment la prise de décisions, le développement, la gestion participative qu'il faut pour arriver à faire fonctionner par subventions, un budget de 1 200 000$. En somme sur le terrain, elle a découvert ses propres talents dormants, notamment comme entrepreneure. C'est beaucoup de travail et de ténacité.

Mais il y a la vie aussi. À 37 ans, elle souhaite entretenir les relations avec ses amis, leur concocter des petits plats, aller au théâtre, aux spectacles de danse, voyager. En fouillant dans sa mémoire pour tenter de retracer ce qui a participé à la formation de son leadership, elle nomme le mouvement scout. Mais encore plus tôt, à deux ans: «Je parlais tout le temps. Ça n'a pas changé, dit-elle en riant. Les gens s'étonnaient de voir, à cet âge, un enfant aussi volubile».

«Avec mon idéalisme adolescent et mon énergie, je voulais changer le monde. J'observais des gens heureux d'agir, pleinement vivants. Je voulais moi aussi remplir ma vie et je rêvais d'accomplir de grandes choses».

Encore aujourd'hui après 11 ans de travail à bonifier Academos et le rendre performant: «Je ne voie pas les heures passer». Pour réussir, elle a su s'entourer. «Il y a plein de gens créatifs et qui innovent. « Avec un conseil d'administration qui soutient l'édifice, «on a des comptes à rendre», une directrice administrative, elle peut à titre de codirectrice se consacrer aux interventions et au développement.

La grande récompense est le sourire qui illumine le visage d'un étudiant qui sait désormais vers quoi il a envie d'aller.

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