Saint-Lambert exige un mur antibruit

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Le maire Denis Coderre n'a pas semblé ému par les citoyens de Saint-Lambert qui dénoncent le bruit accru qu'entraînera nécessairement son projet d'amphithéâtre.

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Le maire de Saint-Lambert dénonce l'absence de mur antibruit dans le projet d'amphithéâtre naturel projeté par la Ville de Montréal sur l'île Sainte-Hélène. Alors qu'on espère attirer davantage de spectacles au parc Jean-Drapeau, Alain Dépatie estime que la métropole aurait dû, « par courtoisie » pour sa voisine vers qui sont orientés les haut-parleurs, trouver une solution pour réduire la pollution sonore.

« Il y a plusieurs méthodes pour réduire le bruit. Pourquoi ils ne font pas un mur antibruit en érigeant un mur de conteneurs ? Ça coûte 500 $, un conteneur. Tu les alignes et ça coupe le son. Il existe une foule d'alternatives et on aurait espéré qu'ils en tiennent compte », a réagi M. Dépatie.

De nombreux citoyens de cette municipalité en banlieue de Montréal se sont plaints ces dernières années du bruit en provenance des spectacles organisés au parc Jean-Drapeau. « On n'est pas contre les spectacles. Le problème, c'est le bruit en soirée », assure M. Dépatie. Celui-ci aimerait que l'intensité sonore en provenance de l'île soit réduite entre 20 h et 21 h afin de permettre aux enfants de dormir et aux gens de profiter de la tranquillité de leur cour en été.

Le maire Denis Coderre n'a pas semblé ému par les citoyens de Saint-Lambert qui dénoncent le bruit accru qu'entraînera nécessairement son projet d'amphithéâtre, qui fera passer la capacité du site de 45 000 à 65 000 places. « On leur souhaite une bonne journée », a-t-il d'abord répondu lorsqu'il a été questionné sur leur exaspération.

Bien qu'aucun mur antibruit n'ait été prévu dans le projet d'amphithéâtre, Denis Coderre a précisé que 2 millions avaient été prévus pour étudier des solutions afin de réduire la pollution sonore. Il affirme toutefois que Montréal n'a reçu aucune plainte cet été en raison du bruit des événements tenus à l'île Sainte-Hélène. « On en a fait, des tests de son, et c'est conforme », a assuré le maire.

En fait, selon lui, l'autoroute passant en bordure de Saint-Lambert est plus bruyante que les spectacles organisés sur l'île Sainte-Hélène.

Balivernes, répond le maire de Saint-Lambert.

« Le 311 n'enregistre pas nos plaintes quand on dit qu'on vient de Saint-Lambert. Nous, on a reçu des dizaines, voire des centaines de plaintes cet été », dit-il. 

De fait, un responsable du parc Jean-Drapeau a reconnu que des tests de son effectués autour du site ont permis de constater que peu importe l'orientation de la scène, le bruit était difficile à contrôler. Après qu'on a fait jouer en boucle un extrait de la chanson Music de Madonna, des plaintes d'aussi loin que Pointe-aux-Trembles ont été reçues.

Facture salée, juge l'opposition

L'opposition à l'hôtel de ville a dénoncé le fait que Montréal versera à elle seule 35,4 millions pour ce projet alors que le site servira principalement à accueillir des spectacles payants organisés par des promoteurs privés. « Les familles n'y gagneront rien, les sportifs non plus, pas plus que les amoureux de la nature. Alors, pour qui l'administration Coderre accepte-t-elle de dépenser autant d'argent ? », demande la conseillère Valérie Plante, de Projet Montréal.

Le maire a défendu cet investissement en assurant que les retombées pour Montréal seraient au rendez-vous. « C'est un parc public et il y a toujours des redevances quand le secteur privé profite de ces infrastructures », a-t-il rétorqué. La majorité des participants aux festivals organisés au parc Jean-Drapeau étant des touristes, le maire a ajouté que le projet d'amphithéâtre représenterait une excellente carte de visite pour la métropole. 

« C'est une fenêtre magnifique, c'est une carte postale extraordinaire qui va avoir un impact économique massif et majeur », a indiqué Denis Coderre.

La Ville de Montréal a confirmé hier la réalisation du projet de 70,4 millions pour réaménager le secteur ouest de l'île Sainte-Hélène, dont 30 millions serviront à l'aménagement de cet amphithéâtre de 65 000 places.

Des festivals sans toit

Les travaux d'agrandissement du parterre du parc Jean-Drapeau pour en faire un amphithéâtre de 65 000 places forceront les festivals qui s'y déroulent habituellement à trouver un autre emplacement pour 2017 et 2018.

Le réaménagement de l'ouest de l'île Sainte-Hélène a beau être un legs pour le 375e anniversaire de Montréal, le projet ne sera pas prêt à temps pour les célébrations de 2017. Les travaux devraient en effet débuter à la fin de 2016 pour se terminer en 2018. Du coup, le site, qui sera accessible à l'été 2016, ne pourra être utilisé de nouveau qu'à partir de 2019.

« Nous sommes à travailler avec les promoteurs et partenaires pour trouver des solutions. Et il y aura des solutions », a assuré Danièle Henkel, présidente du conseil d'administration de la Société du parc Jean-Drapeau.

L'entreprise evenko, qui organise les trois principaux événements utilisant ce site - Osheaga, Heavy Montréal, Île Soniq -, a dit être à la recherche d'un autre emplacement pour ses éditions 2017 et 2018. « Nous analysons présentement les différentes possibilités qui s'offrent à nous. Il est certain que nous tenterons de rester au parc Jean-Drapeau afin de ne pas dénaturer nos événements », a indiqué Caroline Audet, porte-parole de l'entreprise.

Malgré le fait que ce projet l'oblige à se trouver un nouvel emplacement pour 2017 et 2018, evenko se dit néanmoins satisfaite du projet d'amphithéâtre. « L'annonce d'aujourd'hui est une très bonne nouvelle pour les Montréalais et pour les différents promoteurs qui utilisent le parc Jean-Drapeau », a réagi Mme Audet.

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