Prière à Saguenay: le mouvement laïque dans l'expectative

Une victoire du maire Jean Tremblay devant la Cour suprême du Canada... (Archives Le Quotidien)

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Mélanie Marquis
La Presse Canadienne
Ottawa

Une victoire du maire Jean Tremblay devant la Cour suprême du Canada constituerait une défaite pour la démocratie, estime le Mouvement laïque québécois (MLQ).

Le dernier chapitre de la longue saga juridique entourant la récitation de la prière à l'ouverture des séances du conseil municipal de Saguenay s'écrira mercredi matin avec le jugement du plus haut tribunal au pays.

Le maire Tremblay n'a jamais cessé de prononcer sa prière, mais il pourrait être sommé de le faire si le plus haut tribunal au pays déterminait que la pratique viole la liberté de conscience et de religion garantie par la Charte canadienne des droits et libertés.

Une décision inverse de la Cour suprême représenterait une «grave perte pour la démocratie» et signifierait que «la religion a primauté sur les droits reconnus par la Charte», a prévenu Lucie Jobin, la présidente du MLQ.

«Si on regarde ce qui se passe un peu partout, et peut-être même que ça va venir au Québec (...), les religions essaient d'empiéter de plus en plus dans les services publics», a-t-elle plaidé en entrevue téléphonique avec La Presse Canadienne.

La bataille juridique a coûté des dizaines de milliers de dollars au MLQ, qui a organisé «plusieurs campagnes de financement» afin d'éponger les factures.

Mais le jeu en valait la chandelle, estime Mme Jobin: «il fallait défendre la séparation effective de la religion et des institutions publiques», a-t-elle insisté.

Le premier magistrat de Saguenay n'a pas souhaité accorder d'entrevue à la veille du jugement. Lors des audiences devant la Cour suprême, en octobre dernier, il avait affirmé qu'il s'attendait à gagner.

«C'est notre culture, notre tradition, notre histoire, notre foi. C'est tout ça qui est mis en cause actuellement», disait-il, évaluant à quelque 400 000 $ le coût de l'aventure - les premiers 60 000 $ ont été payés par la Ville de Saguenay, et les collectes de fonds ont fait le reste.

«On n'aurait jamais pensé que ça ferait autant de chemin que ça, hein, une prière de 20 secondes», avait-il ironisé dans l'édifice de la Cour suprême.

L'affaire remonte à 2006, alors qu'Alain Simoneau, ex-citoyen de Saguenay, déposait une première plainte.

Elle avait été retenue par le Tribunal des droits de la personne, qui avait donné raison au plaignant en 2011.

Mais en mai 2013, la Cour d'appel renversait cette décision, concluant que la récitation de la prière n'avait pas porté atteinte à la liberté de conscience et la liberté de religion du plaignant.

En plus de demander que cesse la récitation de la prière au conseil municipal de Saguenay, M. Simoneau et le MLQ veulent que soient retirés le crucifix et la statue du Sacré-Coeur qui se trouvent respectivement dans l'hôtel de ville de La Baie et dans celui de Chicoutimi.

L'avocat des plaignants, Me Luc Alarie, avait remis en question la présence de ces signes religieux dans ces lieux institutionnels.

«Est-ce que la municipalité peut s'afficher comme étant catholique? Est-ce qu'une cour de justice peut s'afficher comme étant catholique?», avait-il demandé lors des audiences d'octobre dernier.

 

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