Frugalité à Laval et Longueuil

Le maire de Laval, Gilles Vaillancourt.... (Archives La Presse)

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Le maire de Laval, Gilles Vaillancourt.

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En faisant le tour de 28 villes de la Rive-Sud et de la couronne Nord, on constate que les maires de Châteauguay, Sergio Pavone, et de Varennes, Michel Tremblay, ont engagé les frais de représentation les plus importants pour la période du 1er janvier 2007 au 30 juin 2008. Dans la couronne nord, Pierre Gour, maire de L'Assomption, et Sylvie Saint-Jean, mairesse de Boisbriand, arrivent en tête.

Nous avons placé les maires de Longueuil et Laval dans le même tableau, mais leurs dépenses ne tiennent pas compte du coût de leur transport terrestre, ce qui est le cas pour les autres maires. Cela dit, les maires des deux grandes villes font de plus en plus attention à leurs dépenses de fonction. À Laval, Gilles Vaillancourt dit qu'il ne se fait jamais rembourser de repas. À Longueuil, Claude Gladu est très frugal et n'a plus de voiture de fonction, contrairement à M. Vaillancourt.

 

M. Gladu a dépensé moins que la mairesse de Boucherville, Francine Gadbois (4962,59 $), que Gilles Pepin, maire de Saint-Constant (5039,03 $), Michel Gilbert, maire de Mont-Saint-Hilaire (5351,71 $), Jean-Marc Pelletier, maire de Brossard (6237,37 $), Suzanne Roy, mairesse de Sainte-Julie (7399,51 $), Michel Tremblay, maire de Varennes (10 100,99 $) ou encore Sergio Pavone, maire de Châteauguay, avec 13 832,66 $.

M. Pavone a 13 factures de restaurant en 2007 pour 1654,61 $ (127 $ par repas en moyenne). Les dépenses pour son auto s'élèvent à 2148,38 $ et ses déplacements, 2645,56 $. En janvier 2008, ses cours sur la négociation avec les communautés autochtones ont coûté 5017,88 $. M. Pavone dit que cela fait partie de la bonne réalisation de sa tâche, compte tenu de la proximité de Kahnawake.

Il dit aussi que les repas au restaurant sont «importants» pour sa ville, notamment celui de 202,14 $ avec le président de la Fraternité des policiers de Châteauguay, avec une bouteille de Saint-Émilion à 60 $. «C'était une année de négociations, donc j'avais besoin de savoir s'il y avait des problèmes majeurs», dit-il.

Il estime que l'enquête de La Presse ne reflète pas la réalité car chaque ville, dit-il, a sa propre façon de comptabiliser les dépenses des élus. «Seul un comptable pourrait sortir les vrais chiffres, dit-il. Moi, je n'ai rien à cacher et ça joue en ma défaveur.»

À Varennes, Michel Tremblay a demandé, entre le 1er janvier et le 30 juin derniers, le remboursement de 32 repas pour un total de 3727 $ (moyenne de 116 $). À Boucherville, Francine Gadbois a réclamé 2230,71 $, seulement pour des repas (moyenne de 60 $ par repas). Elle va au restaurant avec des membres de son conseil et des directeurs des différents services, «pour changer de décor». «Je ne vais pas dans les fast-food, j'encourage les restaurants de Boucherville», dit-elle.

Le 24 janvier 2008, elle est allée avec un directeur et sa conjointe au restaurant Tomate blanche du quartier DIX30. Coût: 417,85 $ pour quatre personnes. Mme Gadbois considère que son allocation de dépenses de 14 212 $ par an n'a pas à être utilisée pour ce genre de repas, mais pour sa garde-robe. «Je n'ai pas à prendre cet argent pour mes fonctions, c'est fait pour des vêtements, dit-elle. Ma tenue vestimentaire est importante. Mes vêtements sont souvent très chers. Je peux payer 1200 $ pour un costume.»

Comme M. Pavone, la mairesse de Sainte-Julie, Suzanne Roy, estime que, si ses dépenses semblent plus élevées, c'est que les autres se font rembourser les leurs d'une autre façon. Elle considère que ses dépenses sont raisonnables. «Si on veut bien représenter la Ville, cela demande des déplacements, dit-elle. Vous saurez que je ne réclame pas le tiers des dépenses que je fais.»

Le seul maire de la Rive-Sud à ne pas se faire rembourser ses frais de représentation est Sean Finn, à Saint-Lambert. Mais il n'est pas maire à plein temps et n'est pas rémunéré pour cela. Il est cadre au Canadien National, où sa rémunération a été de 985 000 $ en 2007, à quoi il faut ajouter l'exercice d'options: selon le magazine Forbes, ses revenus totaux ont été d'environ 4 millions de dollars l'an dernier.

Couronne Nord

Dans la couronne Nord, la mairesse de Rosemère, Hélène Daneault, ne présente pas non plus de factures pour ses dépenses. Les maires de Bois-des-Filion, Sainte-Thérèse, Mascouche, Terrebonne, Repentigny et Mirabel ont quant à eux des frais de représentation limités.

Le maire de L'Assomption, Pierre Gour, est celui qui a eu en 2007 les frais les plus élevés avec 5575,69 $, dont 2947,93 $ pour 54 repas au restaurant (51 $ en moyenne). «Comme petite municipalité, on a parfois à faire des dépenses pour des bénévoles et on a moins de directeurs de service, donc je ne pense pas que ce soit exagéré», dit-il.

La mairesse de Boisbriand, Sylvie Saint-Jean, a aussi des repas avec les cadres de la Ville. «J'amène chaque directeur chacun son tour au restaurant», dit-elle. Pourquoi pas à l'hôtel de ville? «Je ne veux pas les déranger durant leurs heures de travail», ajoute-t-elle. Mme Saint-Jean a aussi quelques déplacements coûteux. En mai 2007, son voyage à Québec pour un congrès a coûté 3394,53 $. La chambre pour quatre nuits au Palace Hôtel coûtait 447 $ la nuit.

Médecin de profession, le maire de Mont-Tremblant, Pierre Pilon, dit que ses dépenses ne sont pas exagérées. Parmi ses dépenses, on remarque une facture de 1638,73 $ au restaurant Laurie Raphaël, à Québec, pour un repas avec huit conseillers et des conjoints. Il a demandé 921,53 $ de remboursement afin de tenir compte de la présence des conjoints. «On n'a qu'un ou deux repas par an avec les conseillers», dit-il.

À Deux-Montagnes, les dépenses du maire Marc Lauzon sont surtout des repas. «D'un point de vue général, je ne pense pas abuser, dit-il. On a un, deux ou trois repas par mois. Je dois sortir souvent et débourser des sous dans le cadre de mes fonctions.»

M. Lauzon dit que, comme d'autres maires, quand il calcule le nombre d'heures qu'il fait, un salaire de 52 598 $ par année à temps plein et une allocation de dépenses de 13 434 $, «ce n'est pas beaucoup».

 

Allocation des dépenses des maires

> Elle est versée en vertu de la Loi sur le traitement des élus municipaux.

> Elle était de 14 018 $ en 2007.

> Elle est de 14 242 $ en 2008.

> Cette allocation est libre d'impôt.

 

Exemples de repas du maire de Varennes en 2008

9 janvier, 13 h 38, 375,68 $ > 8 personnes, «dîner rencontre maires MRC».

9 janvier, 22 h 44, 178,87 $ > 2 personnes, «repas d'affaires, organisation du travail».

11 janvier, 14 h 22, 151,45 $ > 2 personnes, «discussion nouveau DG».

21 janvier, 13 h 29, 195 $ > 4 personnes, «rencontre dézonage».

8 février, 14 h 33, 116 $ > 2 personnes.

27 mars, 13 h 35, 137,48 $ > 2 personnes, «dîner départ».

25 avril, 14 h 48, 292,53 $ > 3 personnes, congrès UMQ à Québec.

7 mai, 13 h 55, 180 $ > 3 personnes, «MDEIE, Petromont».

2 juin, 13 h 42, 293,76 $ > 7 personnes, «repas d'affaires, sept personnes, syndicat».

 

Quelques repas du maire de Châteauguay

En août 2007, le maire Sergio Pavone a présenté quatre factures de restaurant qui totalisent 773,36 $:

Un repas à 208,29 $ pris avec quatre employés; un autre avec le commissaire au développement économique, Michel Cyr, au coût de 217,13 $ à l'Enoteca de la Medusa; deux repas à la Rôtisserie St-Hubert lors de la Journée de promotion des pompiers: 12 personnes pour 347,94$. En octobre 2007, M. Pavone a mangé avec le président de la Fraternité des policiers de Châteauguay. Le repas, arrosé d'une bouteille de vin à 60 $, a coûté 202,14 $.

 




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