Québec acquiesce aux demandes des victimes de Bertrand Charest

« Ça a été une semaine forte en émotion.... (Photo Jacques Boissinot, La Presse canadienne)

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« Ça a été une semaine forte en émotion. Avec notre sortie publique et ce que nous demandions, (c'est-à-dire) avoir un environnement sécuritaire et sans abus, j'avais des attentes, mais je dois avouer que la vitesse du gouvernement du Québec m'a impressionnée », a témoigné Gail Kelly (au centre).

Photo Jacques Boissinot, La Presse canadienne

(Québec) Québec rendra ses subventions aux fédérations sportives conditionnelles à la mise en place et au respect de nouvelles règles de protection des athlètes comme l'ont demandé quatre victimes de l'ex-entraîneur de ski Bertrand Charest.

Tous les partis politiques à l'Assemblée nationale ont acquiescé mardi aux revendications de ces quatre femmes, présentes dans les tribunes du Salon bleu. Les députés les ont ovationnées afin de saluer leur courage.

Ils ont adopté à l'unanimité une motion demandant « de modifier d'ici 2020 les règles de reconnaissance des fédérations sportives, afin d'exiger l'adoption et le dépôt d'un plan d'action pour prévenir les agressions physiques, psychologiques, émotionnelles et sexuelles dans la pratique d'un sport au Québec ».

Ce plan doit prévoir une formation obligatoire des entraîneurs et des bénévoles, un traitement indépendant des plaintes et une reddition de compte quant à son application. Les élus veulent également que « le financement des fédérations soit conditionnel au respect des dispositions » du plan, toujours selon le libellé de la motion.

En conférence de presse à la suite du vote, le ministre de l'Éducation, Sébastien Proulx, a fait savoir que les démarches sont déjà en cours pour concrétiser l'engagement. « J'ai donné mandat au ministère de procéder aux modifications des règles et des modalités qui nous régissent avec les fédérations sportives pour que tout ça soit fait d'ici 2020 », a-t-il affirmé en conférence de presse en compagnie de sa collègue Hélène David (Condition féminine) et des quatre victimes. Elles étaient sorties de l'ombre la semaine dernière pour réclamer un programme de protection des athlètes afin d'éviter la répétition d'un drame comme celui qu'elles ont vécu.

« Ça a été une semaine forte en émotion. Avec notre sortie publique et ce que nous demandions, (c'est-à-dire) avoir un environnement sécuritaire et sans abus, j'avais des attentes, mais je dois avouer que la vitesse du gouvernement du Québec m'a impressionnée », a témoigné Gail Kelly. Émilie Cousineau a remercié «  tous les parlementaires d'avoir entendu (leur) voix et de s'être levés » pour voter en faveur de leurs revendications. « Nous venons de faire un grand pas en avant et, et je crois sincèrement que nous sommes sur la bonne voie », a-t-elle ajouté.

Pour Geneviève Simard, « aujourd'hui marque une journée très importante dans le sport. À partir de maintenant, nos jeunes pourront exercer leur sport de façon saine et sécuritaire. Ils seront en mesure de réaliser leur rêve et leur plein potentiel ».

Des fédérations sportives ont adopté dans le passé certaines mesures pour protéger les athlètes, mais il y a lieu d'aller plus loin et d'uniformiser les pratiques, selon Sébastien Proulx. Si les subventions deviendront conditionnelles à la mise en place  et au respect d'un programme de protection, « ce n'est pas parce que les fédérations ne veulent pas embarquer dans ce processus, mais parce que c'est nécessaire d'avoir des mesures coercitives pour s'assurer que ça se fasse », a-t-il plaidé. Québec verse 8,6 millions par année aux fédérations sportives. Le ministre veut qu'Ottawa emboîte le pas au Québec.




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