Taillefer se questionne sur l'impartialité des journalistes de Québecor

Alexandre Taillefer posait fièrement devant la flotte de... (Ryan Remiorz, archives PC)

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Alexandre Taillefer posait fièrement devant la flotte de véhicules électriques de Téo Taxi, en novembre 2015.

Ryan Remiorz, archives PC

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(Québec) L'homme d'affaires et président de la campagne électorale du Parti libéral du Québec Alexandre Taillefer se questionne sur l'impartialité des journalistes de Québecor, dont le propriétaire de ces médias est l'ancien chef péquiste Pierre Karl Péladeau.

En entrevue au micro de Paul Arcand, mercredi, M. Taillefer a affirmé que les journalistes de Québecor « reçoivent de bonnes tapes dans le dos quand les dossiers parlent d'intérêts qui vont être en faveur des positions de leur patron ». 

« Si j'étais journaliste ou chroniqueur au Journal de Montréal, je m'interrogerais sur mon impartialité. Le job d'être journaliste à la base, le code d'éthique, c'est de démontrer une impartialité », a dit l'homme d'affaires, notamment propriétaire du magazine L'actualité

Le Journal de Montréal publiait mercredi à la une de leur version papier un article titré « Zizanie chez Téo Taxi », une compagnie d'Alexandre Taillefer, suivi d'une chronique de Josée Legault ayant pour titre « Le nouveau projet de Taillefer ». 

« L'article du Journal de Montréal représentait un portrait clair et (...) le journaliste a fait un bon travail. Il m'a interviewé, j'ai donné les contre arguments et l'article est réellement factuel. Ce qu'il faut se demander, par contre, c'est comment ça se fait qu'un article sur un enjeu opérationnel d'une compagnie fasse la page couverture ce matin, (...) avec un autre petit encart de Josée Legault ? », s'est questionné M. Taillefer. 

« Le fait qu'il y ait eu 11 chroniques dans le Journal de Montréal depuis mon arrivée il y a cinq jours, (...) on peut se poser certaines questions. (...) C'est quand même étonnant de voir à l'intérieur du Journal autant d'articles qui parlent [de moi] après que [Pierre Karl Péladeau] ait tweeté en disant que j'étais un vire-capot », a dit le président de la campagne libérale au 98,5 FM. 

Le 11 mai dernier, le président de Québecor et ancien chef du Parti québécois, Pierre Karl Péladeau, a en effet écrit sur Twitter : « Plutôt facile de comprendre le cynisme des citoyens envers la politique devant le festival des vire-capots [sic] des dernières années. Dominique Anglade, Gaétan Barrette, Sébastien Proulx et maintenant Alexandre Taillefer. Quelle tristesse alors que la politique devrait être noble. » 

Sur Twitter, mercredi, M. Péladeau a répondu aux questions soulevées par Alexandre Taillefer. « Si tu ne sais pas prendre la pression médiatique Alexandre, je me permets l'audace de te conseiller de penser à faire autre chose que de la politique. Tu risques d'être très malheureux. Et passer pour un pauvre mec si tu dis n'importe quoi ! », a-t-il écrit.

Lisée défend Québecor 

Le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, a défendu mercredi l'impartialité des journalistes et chroniqueurs de Québecor, ajoutant que « se plaindre de la couverture des médias, c'est vraiment ne pas être prêt à faire de la politique. » 

« Pour moi, lorsque je lis le Journal de Montréal ou lorsque j'écoute TVA tous les jours, je suis toujours sensible à la critique qui est adressée au Parti québécois et qui est très généreuse. Je vois qu'elle est généreuse aussi pour le Parti libéral, la CAQ et QS », a souligné le chef péquiste lors d'une mêlée de presse. 

« Au premier jour de sa vie politique, il tombe dans des pièges à ours que chacun devrait connaître. Ne pas critiquer les médias, ne pas dire le contraire de la vérité, c'est un apprentissage assez rude pour Alexandre ces jours-ci », a-t-il complété.

Dans le camp libéral, on a réagi avec prudence aux commentaires de M. Taillefer.

« J'ai entendu M. Lisée dire qu'il s'agissait d'un piège à ours, a observé le ministre des Ressources naturelles, Pierre Moreau. Vous ne pensez quand même pas que je vais sauter dedans. »

« J'ai commenté beaucoup M. Péladeau quand il était dans cette enceinte [NDLR alors qu'il était député], a indiqué le leader parlementaire libéral, Jean-Marc Fournier. Il ne l'est plus, et j'essaie de le faire le moins possible. »

- Avec la collaboration de Martin Croteau




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