Demandeurs d'asile: ses services «saturés», Québec réclame l'aide d'Ottawa

Les ministres Lucie Charlebois, David Heurtel, Jean-Marc Fournier... (Photo Ivanoh Demers, La Presse)

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Les ministres Lucie Charlebois, David Heurtel, Jean-Marc Fournier et Sébastien Proulx.

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L'afflux de personnes qui entrent de façon irrégulière au Québec afin d'y faire une demande d'asile est si important que les services d'accueil provinciaux sont «saturés».

C'est ce qu'a expliqué lundi à Montréal le ministre de l'Immigration, de la Diversité et de l'Inclusion David Heurtel, qui appelle Ottawa à prendre le relais. 

«On ne peut pas faire plus, dit M. Heurtel. Ce sera au gouvernement fédéral de décider ce qu'il veut faire ensuite.» 

À partir du 24 avril prochain, si les 1850 places dans les quatre centres d'hébergement temporaires montréalais sont occupées à 85%, le gouvernement du Québec cessera donc d'y admettre de nouveaux demandeurs d'asile. 

«Le Québec reçoit plus de 50% des demandeurs d'asile au Canada. Nos services sont utilisés à capacité, et on vit une hausse des arrivées actuellement. On demande à Ottawa d'arriver avec un plan de match. Le gouvernement du Québec a fait sa part et continue à faire sa part. C'est maintenant à Ottawa de faire la sienne», a dit le ministre. 

L'année 2018 promet d'être occupée: depuis le début de l'année, le gouvernement québécois a observé une hausse de plus de 300% du nombre de demandeurs d'asile par rapport à la même période l'an dernier. Entre 2012 et 2016, le Québec recevait en moyenne 3500 demandeurs d'asile par année, alors qu'en 2017 la province en a reçu près de 25 000.  

«Nous estimons que les arrivées pourraient grimper jusqu'à 400 personnes par jour cet été, a dit M. Heurtel. Le maximum que nous avons atteint en 2017 était environ 250 personnes par jour.» 

M. Heurtel était accompagné de la ministre déléguée à la Réadaptation, à la Protection de la jeunesse et à la Santé, Lucie Charlebois, du ministre responsable des Relations canadiennes, Jean-Marc Fournier, et du ministre de l'Éducation, du Loisir et du Sport, Sébastien Proulx. 

Mme Charlebois a noté que les ressources étaient utilisées au maximum actuellement.  

«La pression sur le système est intense pour les services infirmiers et les travailleurs sociaux. J'ai des gens qui sont en congé de maladie, ou qui veulent aller travailler dans d'autres services parce que la pression est très forte. On ne peut pas aller chercher des ressources dans les régions pour les amener à Montréal, car il y a des gens dans nos régions qui n'auront plus les mêmes services.» 

Le mois dernier, le gouvernement québécois a réclamé 146 millions de la part d'Ottawa pour la prise en charge des demandeurs d'asile. Les ministres ont dit lundi que cette demande concernait les frais encourus jusqu'à maintenant, et que leur nouvelle sortie visait à parler des futurs nouveaux arrivants. 

«C'est un dossier de compétence fédérale, alors on aimerait qu'Ottawa nous arrive avec son plan de match», a résumé le ministre Heurtel. 

Plus de Nigériens

Le ministre Heurtel a ajouté que cette année, la grande majorité des demandeurs d'asile proviennent de pays qui ne sont pas liés aux décisions du gouvernement américain de retirer des statuts temporaires spéciaux, comme c'était le cas avec la vague de demandeurs d'asile haïtiens l'an dernier. 

«Certains demandeurs d'asile sont arrivés aux États-Unis récemment, et montent directement au chemin Roxham pour traverser au Canada par le Québec. Beaucoup de ces demandeurs d'asile, qui proviennent en majorité du Nigéria, disent ne pas vouloir rester au Québec.»  

Or, le gouvernement fédéral les envoie à l'un des quatre centres d'hébergement temporaires à Montréal, qui sont du ressort provincial. «Et ça pourrait se poursuivre et augmenter en 2019, et dans les années qui suivront.» 

Jean-Marc Fournier a noté que c'est par «engagement humanitaire» que le Québec a défrayé les coûts des services offerts aux demandeurs d'asile jusqu'ici. 

«La gestion des demandes irrégulières d'asile relève des compétences législatives fédérales. Cela inclut les services de santé, services sociaux, d'éducation, d'aide financière de dernier recours... Depuis le début, Québec assurait ces services sans responsabilité légale et sans financement de la part du fédéral. Là, il est temps que le fédéral fasse sa part également.»




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