Le débat sur le hijab ressurgit avec l'arrivée d'une candidate voilée

La candidate Ève Torres.... (Photo La Presse canadienne)

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La candidate Ève Torres.

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La Presse Canadienne

Le débat controversé sur les vêtements que choisissent de porter les femmes musulmanes est de retour, moins de six mois avant les élections québécoises.

La mairesse de Montréal, Valérie Plante, a laissé entendre la semaine dernière qu'elle était ouverte à ce que des policiers et policières portent le turban sikh ou le hijab musulman - une pratique qui n'est pas rare dans le reste du Canada.

Environ au même moment, Ève Torres, une mère de famille de 44 ans qui arbore fièrement le hijab, a annoncé qu'elle briguerait l'investiture de Québec solidaire dans une circonscription de Montréal.

Mme Torres n'a pour l'instant pas d'opposition. Elle serait la première femme voilée à se présenter aux élections provinciales.

Sa candidature a soulevé les critiques de plusieurs chroniqueurs à la télévision et dans les journaux.

Dans le Journal de Montréal, Denise Bombardier a écrit un texte sur le sujet, qui portait le titre « Notre sombre avenir ».

« On l'oublie souvent, mais le voile, loin d'être une stricte marque de spiritualité personnelle, est un symbole utilisé par les islamistes pour marquer leur présence dans l'espace public et l'occuper selon le principe de la visibilité maximale », a renchéri Mathieu Bock-Côté dans une chronique publiée dans le même journal.

M. Bock-Côté, Mme Bombardier et une autre chroniqueuse populaire du journal, Lise Ravary, ont suggéré que Mme Torres était une « islamiste », un mot qui suppose le fondamentalisme et le militantisme.

Mme Torres, qui se décrit comme une féministe souhaitant se battre pour la « justice sociale », a confié à La Presse canadienne, lundi, qu'elle s'attendait à cette réaction.

« Ça fait dix ans que les femmes musulmanes qui portent le foulard, entre autres, font partie de la scène médiatique et politique, dans un sens contre leur gré », a-t-elle déclaré en entrevue téléphonique.

« Je ne suis pas une islamiste, je ne l'ai jamais été et je n'ai pas l'intention de le devenir. »

Même le chef du Parti québécois (PQ) Jean-François Lisée, s'est mis de la partie, lundi, lors d'une entrevue au réseau LCN.

Si le PQ gagne les élections du 1er octobre, il présentera rapidement un projet de loi pour interdire aux employés de la fonction publique - comme les juges, les procureurs de la Couronne, les policiers, les gardiens de prison, ainsi que les enseignants aux écoles primaires et secondaires - de porter des signes religieux dans le cadre de leur emploi. Cette mesure s'appliquerait aux nouveaux employés, les anciens bénéficieraient d'un droit acquis.

M. Lisée estime que Mme Torres devrait être questionnée sur la position de son parti quant au port de signes religieux par les employés de la fonction publique.

Torres défendra les positions de son parti

Ève Torres a avoué qu'elle avait dû beaucoup réfléchir avant de se joindre à Québec solidaire, qui, comme les autres partis d'opposition à Québec, est en faveur d'interdire le port de signes religieux aux juges, aux policiers et aux gardiens de prison - ce qui est essentiellement la position de la commission Bouchard-Taylor.

Avant d'aller en politique, Mme Torres était porte-parole pour le Conseil national des musulmans canadiens, un groupe qui poursuit actuellement le gouvernement pour sa loi sur la neutralité religieuse, qui force les citoyens à offrir et recevoir des services publics à visage découvert.

« J'ai choisi de porter les couleurs de Québec solidaire », a-t-elle déclaré.

« À partir du moment où je fais le saut en politique, il ne s'agit plus de mes considérations personnelles, donc c'est clair qu'à ce moment-là, je défends les lignes du parti. »

Sa décision reflète une réalité politique au Québec : selon les sondages, une grande majorité des électeurs sont en accord avec l'idée de limiter le port de symboles religieux pour les employés du secteur public.

Elle reconnaît que son cas est particulier : une femme qui porte le hijab veut représenter un parti politique qui veut bannir les signes religieux pour les personnes qui exercent un pouvoir de coercition au nom de l'État, comme les policiers et les juges.

« C'est le consensus Bouchard-Taylor qui est en place dans la politique de Québec solidaire. Et c'est un moyen d'être capable de passer à autre chose. C'est le plus grand souhait », a-t-elle conclu.




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