Fournier prêt à aller en cour pour interdire de cultiver du pot

Le Québec ne fait qu'exercer ses pouvoirs constitutionnels... (Baz Ratner, archives REUTERS)

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Le Québec ne fait qu'exercer ses pouvoirs constitutionnels en interdisant aux citoyens de cultiver leurs propres plants de cannabis, soutient Jean-Marc Fournier.

Baz Ratner, archives REUTERS

(Québec) N'en déplaise à Ottawa, Québec a le droit constitutionnel d'interdire la culture de cannabis à domicile, a affirmé jeudi le gouvernement Couillard. Il se dit prêt à aller devant les tribunaux pour faire entendre raison au gouvernement Trudeau.

Le ministre responsable des Relations canadiennes, Jean-Marc Fournier, s'est insurgé contre les propos de la ministre fédérale de la Justice, Jody Wilson-Raybould. Celle-ci soutient que les orientations de Québec sont contraires à la volonté d'Ottawa. 


M. Fournier a appelé le gouvernement Trudeau à pratiquer «un fédéralisme qui coopère, et non pas à un fédéralisme qui veut donner des leçons». D'ailleurs, a-t-il soutenu, le Québec ne fait qu'exercer ses pouvoirs constitutionnels en interdisant aux citoyens de cultiver leurs propres plants de cannabis.

«La volonté, elle est claire, a résumé M. Fournier. Elle est dans le cadre de l'exercice de nos compétences et nous entendons les appliquer. Si le gouvernement fédéral est respectueux de cette volonté, il peut éviter de susciter un recours juridique.»

Le projet de loi fédéral qui légalise la marijuana prévoit que les citoyens peuvent faire pousser jusqu'à quatre plants de cannabis à domicile. Or, dans son projet de loi-miroir présenté l'automne dernier, le gouvernement Couillard interdit cette pratique. Les contrevenants s'exposeraient à une amende qui varie de 250 $ à 750 $.

La ministre responsable de la Santé publique, Lucie Charlebois, souligne que cette disposition reflète la volonté des Québécois, exprimée dans les consultations qui ont précédé le dépôt du projet de loi.

«Les Québécois m'ont mentionné : soyez plus restrictifs pour le départ, a dit Mme Charlebois. S'il y a lieu de donner plus de permissions plus tard, on verra. Mais pour l'instant, c'est ce que les Québécois nous ont demandé.»

Cette sortie survient alors que Québec solidaire presse le gouvernement Couillard d'assouplir son projet de loi. Le parti doit présenter une motion en ce sens à l'Assemblée nationale, jeudi matin, où il fait valoir que «la production en petite quantité à des fins personnelles permettra de réduire l'emprise du cartel de production de cannabis qui se met actuellement en place».

«C'est un des meilleurs moyens pour contrer (...) le crime organisé, mais aussi pour empêcher que les gens soient prisonniers d'un cartel de production du cannabis qui se met en place au profit d'anciens ministres de la santé libéraux fédéraux», a dit Amir Khadir en mêlée de presse, jeudi.

«Je ne pense pas que les gens soient à l'aise qu'on fasse tout pour enlever [la production de cannabis] du crime organisé pour mettre tous les profits entre les mains d'une autre forme d'économie inacceptable. Une économie au service des amis libéraux financés par les paradis fiscaux», a ajouté le député solidaire.

- Avec Hugo Pilon-Larose, La Presse




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