Le numéro deux de l'UPAC démissionne

Le départ du commissaire associé aux vérifications de... (Olivier Jean, archives La Presse)

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Le départ du commissaire associé aux vérifications de l'intégrité des entreprises, Marcel Forget (photo), a été annoncé ce jeudi matin.

Olivier Jean, archives La Presse

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(Québec) Le numéro deux de l'UPAC a démissionné, jeudi, après que le gouvernement Couillard lui eut retiré sa confiance et annoncé la création d'un comité de surveillance du corps policier.

Dans un communiqué émis en fin d'avant-midi, le commissaire de l'UPAC, Robert Lafrenière, a confirmé le départ du commissaire associé aux vérifications de l'intégrité des entreprises, Marcel Forget.

Son départ survient après que cinq policiers et ex-policiers eurent affirmé au Journal de Montréal qu'il a fait la promotion d'une entreprise controversée. La firme Newtech, basée à Blainville, a été mise à l'amende au terme d'une enquête de l'Autorité des marchés financiers.

Ces témoignages portent à croire que M. Forget a convaincu certains collègues d'acheter des actions de Newtech dans les années 1990 et 2000. Dans certains cas, il aurait lui-même collecté des chèques.

Ces révélations « ne font qu'ébranler l'intégrité de l'UPAC », a indiqué M. Lafrenière dans son communiqué.

Plus tôt en matinée, le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, avait clairement invité M. Forget à quitter ses fonctions.

« Il occupe un poste qui est très important, a dit M. Coiteux à son arrivée à l'Assemblée nationale. Dans les circonstances, je ne pense pas qu'il soit l'homme de la situation. Et je pense que, lui-même, il devrait en arriver à cette conclusion. »

Le ministre a plus tard salué sa démission.

« C'est une décision qu'il a prise dans le meilleur intérêt de l'organisation, de l'UPAC, et donc du lien de confiance qui doit exister (avec la population) », a indiqué M. Coiteux.

Le ministre a par ailleurs lancé une pointe au précédent gouvernement du Parti québécois, à qui il reproche d'avoir nommé Marcel Forget.

« Je comprends que la nomination du gouvernement a été faite en 2013 et que le gouvernement à cette époque, qui n'est pas le gouvernement actuel, aurait dû faire les vérifications », a dit M. Coiteux.

Comité de surveillance

Le ministre a par ailleurs confirmé la création d'un Comité de surveillance des activités de l'UPAC. M. Coiteux a présenté des amendements en ce sens au projet de loi 107, cette pièce législative qui doit modifier le statut de l'unité.

Le groupe sera composé de trois membres. Ils seront sélectionnés par le premier ministre à même une courte liste préparée par un comité indépendant. Leur nomination sera approuvée par un vote aux deux tiers de l'Assemblée nationale.

Le comité pourra mener des vérifications sur la conduite des enquêtes de l'UPAC. Il sera libre de se pencher sur toute autre pratique de l'organisme. Il lui sera toutefois impossible d'interférer avec des enquêtes en cours.

« On a un mécanisme de reddition de compte qui est assez puissant en termes de capacité de la population, à travers ses représentants à l'Assemblée nationale, d'avoir des réponses à des questions qui sont tout à fait légitimes, mais sans remettre en question l'indépendance de l'institution », a expliqué M. Coiteux.

Dans la foulée de l'arrestation de Guy Ouellette, le mois dernier, le gouvernement Couillard a suspendu l'étude du projet de loi 107, qui vise à donner davantage d'autonomie à l'UPAC. Québec souhaitait l'amender pour inclure de nouveaux mécanismes de reddition de comptes pour le corps policier.




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