Publicités gouvernementales: un «détournement de fonds», accuse l'opposition

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Le premier ministre du Québec et chef du Parti libéral, Philippe Couillard

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Caroline Plante
La Presse Canadienne
QUÉBEC

Le gouvernement Couillard s'emballe à moins d'un an des élections en offrant aux Québécois des baisses d'impôt et en injectant des milliers de dollars dans une campagne publicitaire à saveur électorale, ont martelé les partis d'opposition, mercredi.

Depuis quelque temps, des publicités télévisuelles encouragent notamment les Québécois à s'inscrire sur une liste d'attente pour avoir un médecin de famille.

Il s'agit de «propagande pure», a déclaré le chef du Parti québécois (PQ), Jean-François Lisée, qui est allé jusqu'à accuser le gouvernement de «détourner» des fonds publics.

«C'est incroyable, s'est-il exclamé en point de presse à l'Assemblée nationale. Des centaines de milliers de dollars sont utilisés pour dire: »Vous avez le droit d'être sur une liste d'attente«. C'est quand même extraordinaire.

«Et c'est une publicité qui ne donne aucune information pratique sur un programme que les gens peuvent utiliser puis comment le faire. Ils ne donnent même pas le numéro de téléphone», s'est-il indigné.

Même son de cloche du côté de la Coalition avenir Québec (CAQ). Le chef, François Legault, critique entre autres la publicité d'Investissement Québec qui interpelle les entrepreneurs. Il n'a «jamais vu autant» de ces publicités.

«Les libéraux ont décidé de dépenser des millions pour essayer d'aller chercher le plus de support, a affirmé M. Legault. D'être en train de se vanter d'un supposé bon bilan en santé, en éducation, en économie alors que ce n'est pas vrai, je trouve que, oui, c'est un peu du détournement de fonds publics.»

Les deux hommes croient que les dépenses en publicité devraient être calculées dans les dépenses électorales du Parti libéral du Québec (PLQ).

Mais au bureau du premier ministre, on insiste sur le caractère «informatif» des publicités «institutionnelles». Le gouvernement dépense les mêmes sommes en publicité bon an mal an, a affirmé Charles Robert, directeur adjoint au cabinet du premier ministre.

Des surplus non négligeables

N'empêche, un surplus non négligeable de 2,4 milliards est apparu dans les coffres de l'État durant l'année 2016-2017.

Il permettra au gouvernement de baisser les impôts, financer un plan de lutte à la pauvreté et réinjecter des centaines de millions dans les réseaux de la santé et de l'éducation.

La mise à jour économique présentée mardi prévoit que le surplus engrangé sera redistribué ainsi: environ 1 milliard en soulagement fiscal des particuliers, près de 1 milliard $ en réinvestissements dans les services publics et le reste mis de côté pour les plus démunis de la société.

Des chèques de 100 $ par enfant seront non imposables, a précisé le ministre des Finances, Carlos Leitao, mercredi.

Il s'agit d'un «cadeau préélectoral» qui vient «directement du fait que les écoles ont souffert, les élèves ont souffert, les aînés ont souffert, les gens vulnérables ont souffert, les ressources intermédiaires ont souffert», a poursuivi M. Lisée.

Selon lui, il est clair que «la misère humaine considérable provoquée par l'austérité des libéraux n'était pas nécessaire», a-t-il dit, en accusant les libéraux de «mesquinerie organisée».

Si le PQ était porté au pouvoir en 2018, M. Lisée affirme qu'il ne baisserait pas les impôts, mais réinvestirait dans les services publics, tels que les services de garde, les soins à domicile et l'éducation.

«Le PLQ et la CAQ, eux, ils veulent réduire l'État, nous, on veut s'occuper de notre monde», a-t-il déclaré.

Couillard met Legault au défi

Le débat sur les dépenses du gouvernement s'est transporté en Chambre, mercredi, où un véritable duel entre le premier ministre Philippe Couillard et le chef de la CAQ a éclaté.

M. Couillard s'en est pris à François Legault, qui promet «la péréquation zéro». Dans combien d'années le Québec pourra-t-il atteindre cet objectif sur la base de la formule actuelle, a voulu savoir le premier ministre, qui a dit trouvé que le chef de la CAQ «l'a eu facile» jusqu'à présent. Il lui a donné 24 heures pour s'expliquer, chiffres à l'appui.

«Il devrait être inquiet parce qu'on va percer le rideau. On va montrer qui est le chef de la deuxième opposition», a-t-il tonné.

«On dit n'importe quoi, on change d'idée trois fois dans la même journée et puis on passe à la prochaine journée. À partir de maintenant, on va répondre à tout ce qu'il va dire», a-t-il ajouté.

M. Couillard a continué le débat sur les réseaux sociaux, enjoignant François Legault à préciser son plan. Ce dernier a répondu qu'il fallait «un objectif et une volonté pour y arriver».

«Votre parti a baissé les bras depuis 15 ans. Il me fera plaisir de débattre avec vous de cette question. Les Québécois trancheront ensuite le 1er octobre 2018», a-t-il écrit à M. Couillard.

S'invitant dans le débat, M. Lisée a affirmé que pour éliminer la péréquation, il faudrait effacer 11 milliards en investissement dans les programmes sociaux en santé et en éducation ou bien augmenter de 45 milliards le PIB du Québec.

L'autre solution est de «faire l'indépendance et enfin abolir le grave déficit d'investissement productif fédéral au Québec», a-t-il écrit.




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