Hausse recommandée de l'aide sociale et de la prime au travail

Le comité recommande d'augmenter l'aide sociale de 472 $... (123RF)

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Le comité recommande d'augmenter l'aide sociale de 472 $ par an pour une personne seule et de 311 $ par an pour un couple sans enfants.

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(Québec) Les personnes seules et les couples sans enfant sont les parents pauvres du système de soutien du revenu au Québec. Le gouvernement devrait majorer le chèque d'aide sociale pour ceux qui y sont prestataires et bonifier la prime au travail pour les bas salariés.

C'est ce que recommande le comité d'experts sur le revenu minimum garanti, créé par le gouvernement Couillard en juin 2016. Dans son rapport présenté lundi, il recommande de « transformer » et d'« améliorer » le système actuel plutôt que d'instaurer un revenu minimum garanti par l'entremise d'une allocation universelle, une mesure qui causerait des « problèmes d'équité, d'incitation au travail et d'acceptabilité sociale ».

Le système de soutien au revenu, certes « complexe », offre « une aide notable » aux Québécois. Mais il « ne correspond pas totalement à la définition de base d'un revenu minimum garanti ». « Le système laisse certaines personnes peu ou mal protégées, la garantie de ressources monétaires n'étant pas ainsi offerte à tous. Cette garantie de ressources monétaires n'est pas liée à un seuil minimal explicite », ajoute le comité.

Il recommande d'augmenter l'aide sociale de 472 $ par an pour une personne seule et de 311 $ par an pour un couple sans enfants. Cette mesure coûterait 86,4 millions de dollars. L'objectif est que le revenu d'une personne corresponde à 55 % de la mesure du panier de consommation. Il se situe à l'heure actuelle à 52 % pour une personne seule (9192 $) et à 54 % (13 355 $) pour un couple sans enfant.

Le comité suggère de « mieux récompenser les efforts de travail ». Il recommande ainsi une « bonification majeure » d'un milliard par an du programme Prime au travail, destiné aux bas salariés.

« Son coût étant très élevé, la mesure pourrait être considérée comme un objectif à atteindre au terme d'une mise en place graduelle », souligne-t-il. La « première étape » suggérée viserait 441 000 ménages, 396 000 personnes seules et 45 000 couples sans enfant, pour un coût de 109 millions de dollars.

Ces deux groupes « ont moins bénéficié des réformes dans les dernières années. C'est beaucoup l'aide aux familles qui été l'enjeu », a indiqué Dorothée Boccanfuso, membre du comité et professeur au Département d'économique à l'Université de Sherbrooke.

Le comité propose également une nouvelle prime au travail pour les 65 ans et plus. Il en coûterait 187 millions.

Le ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale, François Blais, déposera cet automne un nouveau plan de lutte contre la pauvreté. Son objectif est de sortir 100 000 Québécois de l'indigence. Le plan sera tourné vers les personnes seules, révélait La Presse à la mi-septembre. Il faut donc s'attendre à ce que M. Blais reprenne certaines recommandations de son comité d'experts.

Avant de faire le saut en politique, François Blais, à l'époque professeur de philosophie politique à l'Université Laval, militait pour le revenu minimum garanti par l'entremise d'une allocation universelle, une option finalement rejetée par son comité.




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